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Washington: Saddam Hussein a dix jours pour désarmer

Mise à jour le samedi 8 mars 2003, 16 h 48 .

Au Conseil de sécurité des Nations unies, d'intenses discussions à huis clos ont été entamées vendredi après le dépôt du rapport des inspecteurs en désarmement de l'ONU et la proposition par Londres et Washington d'une résolution amendée préconisant le recours à la force pour désarmer l'Irak.

D'une durée indéterminée, ces discussions doivent tenter de dénouer l'impasse qui persiste au Conseil de sécurité entre les pays favorables à une guerre contre l'Irak et ceux qui s'y opposent.Extrait vidéoExtrait audio

D'un autre point de vue, le dépôt du rapport des inspecteurs de l'ONU ne semble pas avoir changé le rapport de force au sein du Conseil de sécurité, alors qu'on se dirige vers un vote sur une résolution qui ouvrirait la voie à l'emploi de la force pour désarmer l'Irak.


Le Britannique Jack Straw et l'Américain Colin Powell
Le choc entre les États-Unis et la France se poursuit. Le secrétaire d'État américain, Colin Powell, a dit avoir écouté attentivement les inspecteurs, pour conclure que l'Irak ne coopère pas totalement et viole la première résolution de l'ONU (1441).

Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, lui, a proposé aux inspecteurs d'établir une hiérarchie dans les tâches de désarmement qu'il reste à accomplir et de présenter un rapport d'étapes toutes les trois semaines. Il a suggéré aussi que les chefs d'État se réunissent au Conseil de sécurité. Une éventualité rejetée peu après par le secrétaire d'État américain.

17 mars : la France refuse

Dominique de Villepin
Par ailleurs, M. de Villepin a affirmé que la France ne pouvait accepter l'ultimatum du 17 mars proposé comme date butoir pour le désarmement de l'Irak : «On ne va pas entrer en guerre pour un échéancier» a-t-il déclaré. Il a également voulu relativiser la place actuellement accordée à la crise irakienne : « Il faut faire face à la complexité de la situation mondiale» a-t-il dit.

Cette date du 17 mars a été proposée dans une version amendée de la résolution américano-britanno-espagnole soumise aux délibérations du Conseil de sécurité après l'audition des rapports des chefs des inspecteurs.

Le camp des opposants à la guerre s'étoffe

Avant que ne s'entament les discussions à huis clos sur le dernier rapport des inspecteurs des Nations unies, une majorité de pays membres sont en faveur d'une résolution pacifique de la crise irakienne, a indiqué le représentant de la Guinée, dont le pays préside, ce mois-ci, le Conseil de sécurité. La Russie, l'Allemagne et la Chine ont réitéré leur opposition au recours à la force, tandis que la Bulgarie a, comme prévu, accordé son appui à la résolution américano-britanno-espagnole.

Parmi les pays que l'on présentait comme des indécis, le Pakistan a déclaré que l'Irak ne constituait pas une «menace imminente pour la paix et la sécurité internationale» et a estimé qu'il serait moins coûteux de laisser encore du temps à l'Irak pour désarmer que de partir en guerre.

De même, la Guinée, tout en estimant «relativement insuffisante» la collaboration de l'Irak, a déclaré que «l'Irak a fait certains progrès». Il a ajouté que les responsabilités du Conseil étaient d'épuiser tous les moyens diplomatiques pour parvenir à ce désarmement.


Le projet de résolution

Le projet de résolution présenté par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne stipule que l'Irak doit, avant ou au 17 mars 2003 :

  • avoir démontré une coopération totale, sans condition, immédiate et active dans le cadre de la résolution 1441 sur ses obligations de désarmement et des précédentes résolutions sur ce sujet;


  • avoir fourni à la Cocovinu et à l'AIEA toutes ses armes, approvisionnement, structures et moyens de soutien en armement, interdits par la résolution 687 (de 1991) et toutes les résolutions afférentes.


  • En cas de manquement, le projet de résolution prévoit que le Conseil décide que l'Irak sera en violation de la résolution 1441. Le texte devrait être soumis au vote en début de semaine prochaine. Pour être adopté, le projet de résolution doit recueillir l'appui de neuf des quinze membres du Conseil sans qu'aucun veto ne soit mis.

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