La Ligue arabe contre toute action militaire en Irak Mise à jour le lundi 3 mars 2003, 0 h 13 . À l'issue de la rencontre internationale qui se tenait à Charm-El-Cheik, en Égypte, les dirigeants des 22 pays membres de la Ligue arabe se sont prononcés contre toute agression envers l'Irak. Ils s'opposent aussi à toute participation à un éventuel conflit et dénoncent les intentions américaines de renverser le régime irakien. Réunis pour tenter de trouver une position commune dans le dossier irakien, les pays arabes préconisent donc une solution pacifique à la crise irakienne et réclament la prolongation des inspections. S'ils s'entendent pour étendre le désarmement à toute la région, y compris Israël, ils divergent toutefois d'opinion quant aux moyens à adopter pour mettre en oeuvre un tel désarmement.
Une initiative surprise
Les négocations de la Ligue s'annonçaient pourtant ardues puisque les Émirats arabes unis avaient, de leur côté, présenté au Sommet de la Ligue arabe une initiative en quatre points appelant le président irakien, Saddam Hussein, à quitter le pouvoir. Cette initiative surprise appelait le président irakien à quitter le pouvoir et l'Irak ainsi qu'à placer ce pays sous gestion de la Ligue arabe et de l'Onu, pour éviter une guerre. L'initiative prévoit que « des garanties juridiques contraignantes au plan national et international seront fournies à la direction irakienne, pour s'assurer qu'elle ne fera l'objet d'aucune poursuite ».
La proposition des Émirats est toutefois morte née puisque tous les pays ont finalement déclaré dans le rapport final du Sommet, leur opposition à toute tentative de renversement du pouvoir irakien.
C'était la première fois qu'un pays arabe appellait officiellement à l'exil de Saddam Hussein qui permettrait, selon Washington, d'éviter une guerre dans la région. Le président irakien, qui dément les accusations américaines selon lesquelles il possède des armes de destruction massive, a répété cette semaine qu'il préférait mourir en Irak que partir en exil.
Une rixe
 | | Le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi. | Par ailleurs, une vive altercation a opposé le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, et le prince héritier saoudien sur leurs rapports respectifs avec les Américains, après laquelle la retransmission télévisée en direct des débats a été interrompue. Prenant la parole au Sommet, le colonel Kadhafi a affirmé que le roi Fahd, d'Arabie saoudite, lui avait indiqué, après l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990, que l'Arabie saoudite était prête « à s'allier au diable » pour se défendre contre la menace irakienne.
Le prince saoudien l'a interrompu pour affirmer que « l'Arabie saoudite n'est pas un agent du colonialisme », ajoutant : « Toi, qui t'as amené au pouvoir ? Tu es un menteur et le tombeau t'attend ». La télévision nationale égyptienne a immédiatement interrompu la retransmission en direct des débats du Sommet.
Qui compose la Ligue arabe?
Elle compte 22 membres aujourd'hui : L'Égypte, l'Irak, le Liban, l'Arabie saoudite, la Syrie, la Transjordanie et le Yémen nord, membres fondateurs. À ceux-ci se sont ajoutés la Libye (1953), le Soudan (1956), le Maroc et la Tunisie (1958), le Koweit (1961), l'Algérie (1962), le Yémen du Sud (1967) unifié depuis 1991 avec le Yémen du Nord, le Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis et Oman (1971), la Mauritanie (1973), la Somalie (1974), Djibouti (1977) et les Comores (1993). L'Organisation de libération de la Palestine a été admise en 1976.
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