L'Irak a raté sa dernière chance, selon Washington Mise à jour le mardi 25 février 2003, 7 h 45 . Les membres du Conseil de sécurité sont réunis pour étudier la nouvelle résolution que viennent de déposer les États-Unis. Dans cette résolution, Washington affirme explicitement que l'Irak a «raté la dernière chance qui lui était offerte avec la résolution 1441» de l'ONU. Selon le texte de la nouvelle résolution, l'Irak n'a pas coopéré pleinement et n'a pas tout révélé quant à son arsenal nucléaire, ce qui constitue un manquement à ses engagements devant la communauté internationale. À la suite de ce constat, la résolution américaine stipule que l'Irak s'expose ainsi à des «conséquences graves». Washington ne donnerait que deux semaines au Conseil de sécurité pour se prononcer sur cette résolution, soit immédiatement après le dépôt du rapport du chef des inspecteurs Hans Blix. Celui-ci devrait s'adresser au Conseil le 7 mars. Ce sont les États-Unis qui ont demandé cette date, mais elle n'a pas encore été approuvée.
L'opposition se réaffirme
En Europe, le camp pour la poursuite des inspections mené par la France et l'Allemagne est joint par la Russie. Le mémorandum qu'ils ont tous trois présenté au Conseil de sécurité réitère que «l'option militaire ne devrait être qu'un dernier recours». Selon le document, les conditions pour recourir à la force ne sont pas encore réunies.
Les propositions franco-germano-russes contiennent également un échéancier de désarmement de l'Irak, «programme par programme». Le mémorandum souligne que «l'unité du Conseil de sécurité doit être préservée» et que «la pression exercée sur l'Irak doit être accrue». Ils accordent donc plus de temps aux inspections, bien qu'ils reconnaissent que ce temps ne puisse être indéfini.
Le président Jacques Chirac et le chancelier Gerhard Schroeder ont souligné qu'ils n'étaient pas favorables à la nouvelle résolution déposée par les États-Unis. La France, qui est membre permanent du Conseil de sécurité, continue pour sa part, de menacer d'utiliser son droit de veto.
Colin Powell en Asie
Les États-Unis n'ont pas reçu plus d'appuis du côté de l'Asie, où le chef de la diplomatie américaine est en tournée depuis vendredi. À Pékin, lundi, Colin Powell n'a pas réussi à convaincre les dirigeants chinois de changer d'attitude dans le dossier irakien. Le leader du Parti communiste chinois, Hu Jintao, a réitéré que la crise irakienne devait être résolue politiquement dans le cadre des Nations unies et il continue de défendre la poursuite des inspections et la résolution 1441.
La Chine n'a pas indiqué quelle sera son attitude face au nouveau projet de résolution, mais Washington pense qu'elle s'abstiendra de faire jouer le droit de veto qu'elle détient en tant que membre permanent du Conseil de sécurité.
M. Powell en est à la dernière étape de sa tournée en Asie: il est à Séoul pour assister à l'investiture du président sud-coréen Roh Moo-Hyun.
Projet de résolution sur l'Irak (traduction officielle):
«Le Conseil de sécurité,
Rappelant toutes ses précédentes résolutions pertinentes, en particulier ses résolutions 661 (1990) d'août 1990, 678 (1990) du 29 novembre 1990, 686 (1991) du 2 mars 1991, 687 (1991) du 3 avril 1991, 688 (1991) du 5 avril 1991, 707 (1991) du 15 août 1991, 715 (1991) du 11 octobre 1991, 986 (1995) du 14 avril 1995, 1284 (1999) du 17 décembre 1999 et 1441 (2002) du 8 novembre 2002, et toutes les déclarations pertinentes de son président,
Rappelant que dans sa résolution 687 (1991), il a déclaré qu'un cessez-le-feu reposerait sur l'acceptation par l'Irak des dispositions de cette résolution, y compris des obligations imposées à l'Irak par ladite résolution,
Rappelant que, dans sa résolution 1441 (2002), tout en décidant que l'Irak a été, et demeure, en violation patente de ses obligations, il a accordé à celui-ci une dernière possibilité de s'acquitter de ses obligations en matière de désarmement qui lui incombent en vertu des résolutions pertinentes,
Rappelant que, dans sa résolution 1441 (2002), il a décidé que de fausses informations ou des omissions dans la déclaration soumise par l'Irak en application de cette résolution et le fait à tout moment de ne pas se conformer à cette résolution et de ne pas coopérer pleinement dans sa mise en oeuvre constitueraient une nouvelle violation patente,
Notant, dans ce contexte, qu'il a rappelé dans sa résolution 1441 (2002), qu'il avait averti à plusieurs reprises l'Irak des graves conséquences auxquelles celui-ci aurait à faire face s'il continuait à manquer à ses obligations,
Notant que l'Irak a présenté, en application de sa résolution 1441 (2002) une déclaration contenant de fausses informations et des omissions et qu'il ne s'est pas conformé à cette résolution et n'a pas coopéré pleinement dans sa mise en oeuvre,
Réaffirmant l'attachement de tous les États membres à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Irak, du Koweït et des États voisins,
Conscient que la Charte des Nations unies lui confère la responsabilité principale du maintien de la paix et la sécurité internationales,
Considérant la menace que le non-respect par l'Irak des résolutions du Conseil et la prolifération d'armes de destruction massive et de missiles à longue portée font peser sur la paix et la sécurité internationale,
Résolu à assurer la pleine application de ses décisions et à rétablir la paix et la sécurité internationales dans la région,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies,
1 - Décide que l'Irak n'a pas saisi la dernière possibilité qui lui était offerte par la résolution 1441 (2002),
2 - Décide de demeurer saisi de la question».
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