Les Américains et les Turcs s'entendent Mise à jour le mardi 25 février 2003, 9 h 48 . Au terme de négociations difficiles avec les États-Unis, le cabinet ministériel turc a finalement accepté le déploiement en Turquie de dizaines de milliers de soldats américains, dans la perspective d'une guerre contre l'Irak. Le porte-parole du gouvernement turc, Abdullatif Sener, a affirmé que la mesure a été transmise au Parlement qui devrait procéder à un vote mercredi.
L'annonce de cette décision a été faite après une réunion du gouvernement qui a duré plus de six heures. Les dissensions que provoque un déploiement des troupes américaines en Turquie sont donc nombreuses. La Turquie craint que Bagdad contre-attaque si elle supporte les États-Unis dans cette guerre.
Malgré ces réserves de la part d'un grand nombre de ministres turcs, tous ont signé la motion qui a ensuite été transmise au Parlement. Reha Denemec, vice-président du Parti du développement et de la justice, qui détient une large majorité au Parlement, a affirmé qu'il s'attendait à un accord des députés.
La réaction du gouvernement américain
De leur côté, les autorités américaines ont confirmé qu'un accord de principe avait été signé avec Ankara sur la base du versement de près de vingt milliards de dollars en prêts et subventions. En cas de guerre en Irak, une attaque américaine lancée du sol turc permettrait aux États-Unis d'ouvrir un second front et de fractionner les forces de Saddam Hussein. La Turquie est le seul pays de l'OTAN ayant une frontière commune avec l'Irak.
Les États-Unis sont heureux de la décision du gouvernement turc de soumettre une motion appelant au déploiement de troupes américaines en Turquie et à l'envoi de troupes turques en Irak du nord, a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer lundi. «Il y a encore des détails à régler mais c'est une question très importante», a-t-il ajouté. Il a refusé d'entrer dans les détails de l'accord entre l'administration américaine et les autorités turques.
Interrogé sur le point de savoir si celui-ci prévoyait que des troupes turques soient stationnées en Irak, il a répondu que la position américaine est sans équivoque et qu'il est clair que l'intégrité territoriale de la Turquie sera préservée après un éventuel conflit.
Crainte de la création d'un état indépendant kurde
Les autorités turques ont demandé l'assurance que la tombée du régime de Saddam Hussein n'amène pas la création d'un état indépendant kurde dans le nord de l'Irak. Selon le gouvernement turc, une état kurde stimulerait les aspirations d'indépendance des rebelles kurdes de Turquie.
La Turquie, qui craint également l'arrivée de centaines de milliers de réfugiés irakiens en cas de guerre, veut envoyer plusieurs dizaines de milliers de troupes dans le nord de l'Irak. Les États-Unis et la Turquie discutent toujours de la question du commandement de troupes turques en Irak, du désarmement de groupes kurdes irakiens dans l'éventualité de la fin d'une guerre, et du contrôle de deux champs de pétrole du nord de l'irak.

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