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Les non-alignés rejettent toute action militaire contre Bagdad

Mise à jour le lundi 24 février 2003, 11 h 56 .

Les pays non-alignés, réunis lundi à Kuala Lumpur en Malaisie pour deux jours, sont bien décidés à montrer qu'ils ont leur mot à dire dans la résolution de la crise irakienne.

Le mouvement des non-alignés, né de la guerre froide, regroupe 116 pays, représentant trois milliards de personnes à travers le monde.Extrait vidéo

Le premier ministre malais, Mahathir Mohamad, hôte de ce sommet, a donné le ton en condamnant vivement la guerre et en attaquant ce qu'il a décrit comme l'hypocrisie des pays occidentaux et le bellicisme des pays riches.

Il estime que la guerre n'est pas une solution et doit être déclarée hors-la-loi. Cette crainte d'une action militaire américaine en Irak nourrit également celle de voir Washington se lancer ensuite dans d'autres opérations militaires contre des régimes qui ne lui conviendraient pas, a-t-il précisé.

Le président sud-africain, Thabo Mbeki, dont le pays vient d'envoyer en Irak une équipe d'experts en désarmement, a poursuivi sur le même thème, appelant tous les pays, petits et grands, à respecter les accords internationaux.

Il a souligné qu'il était important aux yeux des non-alignés que l'ONU, et non les États-Unis, soit l'arbitre suprême des crises internationales comme celle opposant Washington à Bagdad. Il a pressé Bagdad de coopérer totalement avec les inspecteurs de l'ONU.

Le Mouvement des non alignés est, par ailleurs, parvenu à un compromis concernant la crise nucléaire en Corée du Nord, qui est membre de l'organisation. La résolution indique simplement que les dirigeants ont pris note du retrait de la Corée du Nord du traité de non prolifération nucléaire et demande aux parties directement concernées de faire preuve de bonne volonté afin de résoudre cette crise par le dialogue.

Le MNA réclame également la levée des sanctions frappant le Zimbabwe depuis un an. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Australie et d'autres pays ont instauré un embargo après les violences qui ont entouré l'élection présidentielle de 2002, remportée par le président Robert Mugabe, et dont les résultats ont été contestés par l'opposition. Les trois quarts de la population zimbabwéenne vivent en dessous du seuil de pauvreté et 6,8 millions des 11,8 millions d'habitants du Zimbabwe sont menacés de famine et ont besoin d'aide alimentaire.

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