Washington et Ankara moins alliés que jamais Mise à jour le jeudi 20 février 2003, 23 h 23 . La Turquie ne s'est pas prononcée jeudi sur l'offre d'assistance financière de Washington qui permettrait le déploiement de troupes américaines sur son territoire et ce, même si Colin Powell avait déclaré un peu plus tôt attendre cette réponse avant la fin de la journée. Ankara entend poursuivre plus avant les négociations avec les États-Unis.  
Washington aurait offert jusqu'à présent à Ankara une aide de six milliards de dollars en dons et de 24 milliards de dollars en garanties de prêts. Les autorités turques réclament, quant à elles, quelque dix milliards de dollars de dons du Trésor américain. Elles estiment à plus de 40 milliards de dollars leur manque à gagner depuis la guerre du Golfe de 1991, en raison notamment des sanctions commerciales imposées par l'ONU. Les États-Unis auraient, en outre, donné leur accord aux demandes d'Ankara sur l'octroi d'une part des revenus pétroliers de l'Irak et une participation à la reconstruction de ce pays une fois l'opération militaire terminée.
Mardi, Recep Tayyip Erdogan, chef du parti islamiste modéré au pouvoir à Ankara, avait conseillé aux Américains de ne pas se figurer que l'engagement de la Turquie à leurs côtés avait atteint un point de non-retour.
La Maison Blanche menace de se passer de la Turquie, faisant valoir que les forces armées des États-Unis sont assez imposantes pour s'assurer un succès militaire sans déployer de troupes sur le sol turc. Mais dans une telle éventualité, les Américains seraient privés de la possibilité d'ouvrir un front terrestre militaire au nord de l'Irak, en plus du front majeur au sud, à partir du Koweït. Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, s'est néanmoins déclaré convaincu que la Turquie en viendrait à coopérer d'une manière ou d'une autre avec les États-Unis en cas de guerre.
Cette déconvenue s'ajoute au refus public de la Suisse d'accorder à l'aviation militaire américaine un droit de survol illimité de son territoire.
 | | George Robertson assure du soutien de l'OTAN à la Turquie | Par ailleurs, George Bush a remercié le secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, pour l'appui apporté par l'Alliance à la Turquie. Le Comité des plans de Défense de l'OTAN, dont ne fait pas partie la France, a approuvé mercredi la mise en oeuvre immédiate de mesures de défense en soutien à la Turquie en cas de guerre en Irak. Ces mesures, initialement réclamées par Washington, puis par Ankara, avaient été au centre d'une grave crise au sein de l'Alliance provoquée par l'opposition de la France, de l'Allemagne et de la Belgique, qui refusaient que l'OTAN entre dans une logique de guerre.
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