Le Canada n'ira pas en guerre sans l'ONU Mise à jour le mercredi 19 février 2003, 11 h 12 . Après des semaines de déclarations vagues, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, a affirmé clairement, mardi aux Communes, que le Canada ne se joindra pas à une éventuelle opération militaire en Irak si elle n'a pas reçu l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies. Le premier ministre croit que si les Américains décident d'attaquer l'Irak sans l'approbation de l'ONU, le système international de paix et de sécurité sera déstabilisé.
«Nous n'avons pas été sollicités et nous n'avons pas l'intention de participer à un groupe volontaire», a déclaré M. Chrétien, en réponse à une question du chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe. Quelques heures plus tôt, le président des États-Unis, George W. Bush, répétait son intention de diriger une telle coalition pour désarmer l'Irak et ce sans attendre l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies. Le Royaume-Uni et l'Australie, entre autres, font partie de ce groupe.
Le chef du Bloc Québécois doute toutefois que M. Chrétien ait vraiment clarifié sa position, en soutenant que le premier ministre se réservait toujours la possibilité de se joindre aux Américains sans l'accord des Nations unies. «Ce qui serait très simple, c'est de dire clairement que d'aucune façon nous ne ferions partie d'alliés volontaires des États-Unis qui se rendraient de façon unilatérale en Irak», a précisé M. Duceppe.
Pour sa part, le chef conservateur Joe Clark a vu d'un bon oeil les propos du premier ministre, même s'ils arrivent tard, selon lui. «C'est un pas en avant par rapport à ce qu'il a dit jusqu'ici», a-t-il commenté, se réjouissant que M. Chrétien ait adopté une position semblable à la sienne.
Le gouvernement canadien aura la possibilité de clarifier sa position mercredi dans le cadre du débat public qui se déroule Nations Unies. Mardi, près d'une trentaine d'États membres ont pris la parole. La majorité s'est prononcée pour la poursuite des inspections et contre une intervention armée. Ce débat public a été convoqué à l'appel de Mouvement des pays non-alignés afin de permettre aux États non-membres du Conseil de sécurité de commenter les rapports des chefs des experts en désarmement, présentés vendredi dernier.

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