La Turquie fait monter les enchères Mise à jour le lundi 17 février 2003, 23 h 38 . Après avoir obtenu satisfaction dimanche à l'OTAN, la Turquie se montre plus récalcitrante au sujet de la présence sur son sol de soldats américains en vue d'une opération possible contre l'Irak. Un débat devait avoir lieu mardi au Parlement, mais il a été reporté. Le gouvernement veut que Washington fasse un effort financier supplémentaire en sa faveur. Le ministre des Affaires étrangères, Yasar Yakis, a déclaré qu'Ankara n'ouvrirait pas ses frontières aux troupes américaines avant que soit conclu un accord sur l'aide financière destinée à couvrir en partie les coûts d'un conflit.
M. Yakis et le ministre de l'Économie, Ali Babacan, se sont rendus dans la capitale américaine, en fin de semaine, mais en sont revenus bredouilles, selon la presse turque. Washington se proposerait d'allouer à la Turquie quelque six milliards de dollars en aide directe et jusqu'à 20 milliards de dollars en garanties pour lui permettre d'obtenir des prêts sur les marchés et de soutenir sa monnaie, selon la presse.
La Turquie, qui estime avoir beaucoup souffert de la guerre du Golfe, en 1991, et des sanctions économiques qui ont suivi, réclamerait pour sa part jusqu'à 50 milliards de dollars.
Rappelons que l'OTAN est parvenue dimanche soir à un accord sur les mesures de protection de la Turquie en cas de conflit en Irak, après une semaine de crise provoquée par le triple veto de la France, l'Allemagne et la Belgique. L'accord prévoit notamment le déploiement en Turquie d'avions radars Awacks et de batteries Patriot pour la défense antimissiles.
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