Washington ne lâche pas prise Mise à jour le dimanche 16 février 2003, 23 h 32 . En dépit des massives manifestations pacifistes de samedi, les États-Unis ont de nouveau durci le ton dans le dossier irakien. Cette fois, la réplique est venue de la conseillère de George W. Bush en matière de sécurité nationale, Condoleeza Rice. Interrogée dimanche sur les chaînes de télévision américaines, Mme Rice s'est gardée de dire si la Maison-Blanche voyait dans les manifestations de samedi un avertissement de l'opinion publique, mais elle a invité les opposants à la guerre à réfléchir à la nature dictatoriale du régime de Saddam Hussein. «Les gens ont le droit de manifester, mais ce n'est pas le cas à Bagdad (...) où on coupe la langue des gens qui disent ce qu'ils pensent», a dit Mme Rice.
Elle a ajouté qu'il ne restait plus beaucoup de temps pour la diplomatie, en rappelant que le président Bush parlait de «semaines, pas de mois». «Il faut maintenir la pression sur Saddam Hussein», a affirmé Mme Rice, déplorant que les divisions, notamment diplomatiques, «fassent le jeu» de Bagdad. «Ceux qui demandent une poursuite des inspections donnent l'impression qu'il (Saddam Hussein) peut jouer ce jeu de cache-cache», a-t-elle déclaré. Condoleeza Rice a clairement réaffirmé que Washington était opposé à la position défendue par la France et l'Allemagne de poursuivre les inspections pour une durée indéfinie. «Les tyrans ne répondent pas à la négociation, les tyrans répondent à la fermeté», a-t-elle ajouté.
La conseillère du président Bush a précisé que la Maison-Blanche réflechissait à une seconde résolution de l'ONU, mais uniquement, a-t-elle dit, si ce texte montrait «très clairement» que le Conseil veut appliquer la résolution 1441. «Nous ne voulons pas d'une résolution qui serait en quelque sorte une tactique pour gagner du temps», a-t-elle souligné.

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