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Chirac souhaite le départ de Saddam Hussein

Mise à jour le dimanche 16 février 2003, 20 h 14 .

Conforté dans ses positions par les vastes mouvements pacifistes de samedi, le président français Jacques Chirac s'est adressé aux Américains pour leur expliquer son opposition à une guerre en Irak, dans une interview au Time magazine de dimanche. Il y a résumé ses vues sur la question irakienne, formulant notamment le voeu que le président Saddam Hussein choisisse l'exil.

Soucieux de détromper l'opinion voulant que la France se dresse contre les États-Unis, le chef d'État français s'est présenté en ami des Américains et en «supporter de la solidarité transatlantique». Il a manifesté sa solidarité notamment en saluant l'importante contribution américaine à une éventuelle résolution pacifique de la crise. En effet, celui qui juge possible de désarmer l'Irak sans recourir à la force, a reconnu que si cet objectif est atteint, « ce sera dû en grande partie à la présence de l'armada américaine sur place ».

Saddam Hussein
Autre preuve de sa solidarité envers les Américains, Jacques Chirac n'hésite pas à joindre les rangs de Londres et Washington en invitant à son tour le président Saddam Hussein à l'exil. « Si Saddam Hussein pouvait disparaître, ce serait certainement le meilleur service qu'il pourrait rendre à son peuple et au monde », a-t-il déclaré.

S'il dément tout anti-américanisme de la part de la France, M. Chirac reste toutefois ferme sur le fond du dossier irakien. Une guerre aurait des conséquences « considérables » et créerait « des vocations pour un grand nombre de petits ben Laden », a-t-il souligné.

Il récuse également l'idée d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies que réclame toujours Washington. « Nous sommes dans le cadre de la résolution 1441, poursuivons. Je ne vois pas ce qu'une nouvelle résolution pourrait apporter de plus », propose-t-il.

Le chef des inspecteurs, Hans Blix
Le président français a ainsi reformulé la confiance qu'il voue aux inspecteurs en désarmement auxquels il faut « laisser le temps » de mener leur mission et « renforcer leurs moyens ». Un temps que les États-Unis ne semblent pas décidés à leur accorder. Cependant, si les inspecteurs constataient « des blocages de la part de l'Irak », il reviendrait au Conseil de sécurité de « prendre sa décision ». « Et, dans cette hypothèse, la France n'exclut naturellement aucune option », a réaffirmé Jacques Chirac.

Pour lui, si les États-Unis allaient en guerre sans l'aval de l'ONU, ce serait « leur responsabilité ». « Si jamais ils me demandaient mon conseil, ce n'est pas ce que je leur recommanderais », a-t-il confié.

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