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L'OTAN renonce à trouver un compromis

Mise à jour le vendredi 14 février 2003, 5 h 21 .

Les ambassadeurs des 19 pays membres de l'Alliance ne se retrouveront finalement pas à Bruxelles, jeudi, pour une sixième réunion sur le dossier irakien. Ils ont choisi d'annuler purement et simplement leur réunion. Au cours de cette rencontre, les membres devaient tenter de trouver une façon d'aplanir leurs divergences, divergences qui ne cessent de grandir depuis que le trio franco-germano-belge a opposé son veto lundi aux demandes américaines de soutien à la Turquie dans l'éventualité d'une guerre en Irak.Extrait vidéoExtrait audio

Les chances de sortir de l'impasse étaient de toutes les façons bien maigres car chacun campait sur ses positions.

Gerhard Schröder
En effet, le chancelier allemand Gerhard Schroeder s'était prononcé contre une décision formelle de l'OTAN avant les débats du Conseil de sécurité de l'ONU et la réunion cruciale sur l'Irak de vendredi. Il avait néanmoins affirmé, que la solidarité avec la Turquie et les autres membres de l'Alliance n'était absolument pas remise en question. Son ministre de la Défense, Peter Struck, avait quant à lui indiqué que l'OTAN déciderait samedi d'un certain nombre de mesures destinées à protéger la Turquie en cas de conflit en Irak.

La France, l'Allemagne et la Belgique campaient également sur leur position et leurs représentants à l'OTAN avaient réitéré mercredi, à Bruxelles, qu'ils jugeaient prématuré pour l'Alliance de planifier dès maintenant des mesures pour assurer la défense de la Turquie dans la perspective d'une guerre en Irak. Le trio refuse d'engager l'OTAN dans une logique de guerre qui préjugerait, selon lui, des résultats de l'action diplomatique engagée dans le cadre de l'ONU. Il souhaite attendre le rapport des inspecteurs de l'ONU vendredi avant de trancher.

Ari Fleischer, porte-parole de la Maison Blanche
À l'opposé, les États-Unis ne décolèraient pas devant la prolongation de cette crise. Le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, a estimé que Paris, Berlin et Bruxelles s'isolaient chaque jour un peu plus de l'Europe en bloquant toute aide préliminaire à la Turquie. Le secrétaire d'État américain, Colin Powell, est allé jusqu'à accuser la France et l'Allemagne de chercher à sauver la mise à Saddam Hussein en s'opposant à une action militaire contre l'Irak.

La presse turque se montre, quant à elle, plutôt compréhensive face à la décision du trio franco-germano-belge. Elle affirme qu'il serait enfantin d'interpréter cette affaire comme une trahison envers la Turquie et qu'il s'agirait davantage d'une lutte d'influence entre l'Europe et les États-Unis.

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