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Le bras de fer franco-américain se poursuit

Mise à jour le mardi 11 février 2003, 19 h 28 .

La France a fait circuler mardi aux Nations unies un texte proposant un renforcement des inspections du désarmement de l'Irak. La proposition française, adressée aux chefs des inspecteurs Hans Blix et Mohamed ElBaradei vise à «forcer l'Irak à coopérer par la voie pacifique d'inspections intrusives». Le texte détaille une série de mesures regroupées en quatre chapitres principaux: renforcement des effectifs et diversification des personnels, des moyens techniques, des méthodes.

Outre le doublement voire triplement (à 360) du nombre des inspecteurs sur le terrain pour «élargir la couverture géographique du pays», le document français préconise la mise en place à Bagdad d'un responsable chargé de la coordination entre la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations Unies (Cocovinu) et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). La France demande aussi un renforcement des moyens techniques permettant en particulier «d'intensifier la surveillance aérienne (...) de balayer de façon systématique le territoire irakien et d'assurer un contrôle permanent de l'ensemble des sites».

Le document français suggère également de renforcer la protection des locaux des inspecteurs, de manière «à garantir la surveillance de certains sites suspects ou inspectés». Il préconise aussi que les inspecteurs reçoivent le renfort d'expert douaniers, d'analystes comptables, d'archivistes et de tout autre spécialiste susceptible de contribuer à mieux comprendre la nature des programmes irakiens d'armement. Il suggère également la mise en place d'équipes mobiles de contrôle douanier, notamment dans la partie ouest du pays frontalière avec la Jordanie et la Syrie, où les inspecteurs pourraient établir une base permanente.

À propos des méthodes, la France suggère l'établissement, par les inspecteurs, «de la liste finalisée et hiérarchisée des questions non résolues de désarmement. Cette liste permettrait de «pousser les Irakiens dans leurs retranchements en ne leur laissant pas d'échappatoire sur les questions auxquelles ils doivent répondre».

La France doit être exclue de toute coalition future

Peter King, représentant républicain de l'État de New York, a pris sa part aux tensions entre Paris et Washington en suggérant mardi que la France soit écartée de toute coalition future. Membre de la commission des relations internationales de la Chambre des représentants, il accuse la France d'user de son influence au Conseil de sécurité et à l'OTAN pour entraver la coopération internationale visant à désarmer l'Irak.

«Nous pourrions avoir à restructurer l'Alliance, à former de nouvelles alliances dont les Français ne feraient pas partie», a-t-il déclaré en ajoutant que les États-Unis ne pouvaient permettre «qu'un pays de deuxième catégorie ait la possibilité d'opposer son veto ou de faire obstruction à la politique étrangère américaine». M. King a fait valoir que Paris avait déjà retardé les interventions militaires internationales en Bosnie et au Kosovo dans les années 1990.

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