Donald Rumsfeld se rend dans la «vieille Europe» Mise à jour le samedi 8 février 2003, 12 h 51 .  | | D. Rumsfeld et S. Berlusconi, vendredi à Rome | Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a amorcé une tournée européenne destinée à convaincre les alliés des États-Unis de la nécessité d'une guerre en Irak. Il est arrivé vendredi en Italie, pays qui affiche un net soutien à la position américaine sur l'Irak, où il a été accueilli par le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi. Il doit participer samedi, à Munich, en l'Allemagne, à la Conférence internationale sur la sécurité. À cette occasion, M. Rumsfeld rencontrera notamment son homologue allemand, Peter Struck, ainsi que le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov. Toutefois, aucune rencontre n'est prévue avec la ministre française de la Défense. Le gouvernement allemand maintient toujours la même position et estime qu'une deuxième résolution de l'ONU sur l'Irak n'est pas nécessaire pour l'instant et que les inspecteurs doivent poursuivre leur travail.
 | | Igor Ivanov | De même, la Russie a rejeté vendredi l'adoption rapide d'une deuxième résolution par le Conseil de sécurité qui autoriserait l'usage de la force contre l'Irak, comme en a exprimé le souhait le président Bush. Le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov, a déclaré que son pays «se prononçait pour la continuation du travail des inspecteurs internationaux», ajoutant «s'il s'avère nécessaire d'offrir un soutien supplémentaire aux inspecteurs au moyen d'une résolution, nous sommes prêts à examiner cette question». Toutefois, selon des experts, le président russe, Vladimir Poutine, n'est pas prêt à aller jusqu'à une confrontation avec Washington. Il n'avait d'ailleurs pas hésité, la semaine dernière, à durcir le ton à l'égard de Saddam Hussein.
Pressentant peut-être qu'il ne parviendrait pas à rallier la France, la Russie et la Chine, trois membres permanents du Conseil de sécurité, le président des États-Unis, George Bush, a déclaré vendredi qu'une deuxième résolution n'était pas nécessaire pour entériner une éventuelle opération militaire. «La résolution 1441 parle pour elle-même et stipule très clairement des conséquences très sérieuses si Saddam Hussein refuse de désarmer», a-t-il dit.
Adoptant le ton employé par M. Bush, qui a déclaré jeudi que la partie était terminée («the game is over»), deux porte-avions supplémentaires américains ont reçu l'ordre de se déployer dans la région du golfe Persique. Les deux bâtiments sont le USS Nimitz, actuellement à San Diego, et le USS Kitty Hawk, qui mouille au large du Japon.
Trois porte-avions sont déjà dans la région, le USS Abraham Lincoln, le USS Constellation, et le USS Harry S. Truman, alors que le USS Theodore Roosevelt est également en route vers la région.
L'Irak n'est pas la principale menace, selon Clinton
 | | Bill Clinton, interrogé jeudi à CNN | L'ex-président des États-Unis, Bill Clinton, ne croit pas, quant à lui, que l'Irak représente la plus grande menace actuellement. En entrevue à CNN jeudi soir, M.Clinton a déclaré que les Américains devraient craindre davantage la Corée du Nord et le réseau terroriste Al-Qaeda. Il est toutefois convaincu que l'Irak possède encore des stocks de produits chimiques et biologiques. Il estime que le secrétaire d'État Colin Powell en a fait la démonstration mercredi devant les Nations unies. Il souhaite toutefois qu'une guerre soit évitée.
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