L'opposition irakienne fourbit ses armes Mise à jour le jeudi 6 février 2003, 20 h 53 . L'émissaire de George Bush auprès de l'opposition irakienne, Zalmay Khalilzad, a rencontré jeudi les chefs de deux factions kurdes irakiennes pour discuter de l'avenir de l'Irak et rassurer la Turquie sur les conséquences d'une éventuelle chute du régime de Bagdad. Ankara craint par-dessus tout que la chute de Saddam Hussein entraîne les Kurdes du nord de l'Irak à se déclarer indépendants, ce qui inciterait les quelque 12 millions de Kurdes vivant dans le sud-est de la Turquie à en faire autant. Zalmay Khalilzad s'est entretenu avec des responsables de l'Union patriotique kurde (UPK) et du Parti démocrate du Kurdistan (PDK). «Notre mission est de libérer l'Irak et d'être aux côtés du peuple irakien pour la mise en place d'un gouvernement démocratique à base large», a déclaré M. Khalilzad. «Nous sommes prêts à donner aux Turcs toutes les garanties qu'ils demandent. Nous n'avons aucune intention de mettre en place un État indépendant», a ajouté Hoshyar Zibari, du PDK.
Réunion de l'opposition irakienne
 | | L'opposition irakienne s'est réunie à Londres, en décembre. | Selon des diplomates occidentaux et des dissidents irakiens, l'administration Bush se montre de plus en plus réservée à l'égard de la dissidence irakienne en exil et Washington est fermement opposé à une réunion de l'opposition irakienne prévue dans le nord de l'Irak avec l'aide de l'Iran. La réunion du comité de l'opposition irakienne, composé de 65 membres, doit avoir lieu le 15 février dans la zone kurde du nord de l'Irak et les chefs de la dissidence ont déjà commencé à s'y rendre. Elle devait à l'origine avoir lieu le 15 janvier mais elle a été reportée à deux reprises. Elle est notamment destinée à jeter les bases d'un futur gouvernement dans un Irak post-Saddam. Or, selon des diplomates occidentaux et des dissidents irakiens, Washington a signalé qu'il ne voulait pas de cette réunion. «En fait, les Américains ne pensent pas que l'opposition soit leur meilleure amie en ce qui concerne l'avenir de l'Irak», a expliqué un dissident irakien de Londres. L'administration Bush ne souhaiterait guère voir Téhéran jouer un rôle dans un conflit irakien, en aidant ses alliés chiites irakiens.
L'Iran abrite depuis des années l'un des principaux groupes d'opposition irakien, le Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak, un mouvement chiite conservateur. Et la République islamique semble désormais soucieuse de développer des relations avec d'autres groupes d'opposition pour s'assurer un rôle sur l'échiquier géopolitique de l'après-Saddam.
Mais, toujours selon des dissidents irakiens, un ancien militaire irakien en exil aux États-Unis, Najib al-Salehi, s'est rendu récemment en Iran pour informer qu'en cas de guerre, les troupes américaines attaqueraient les combattants du Conseil s'ils tentaient de pénétrer en Irak depuis l'Iran. Rappelons que Washington considère l'Iran comme faisant des trois pays de l'«axe du Mal».

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