Bush: la partie avec l'Irak est terminée Mise à jour le jeudi 6 février 2003, 21 h 56 . George W. Bush a déclaré jeudi que la partie avec l'Irak était terminée et que le président irakien Saddam Hussein sera stoppé. Le président américain a précisé que les États-Unis seraient favorables à une deuxième résolution de l'ONU si elle permettait de confirmer les décisions déjà prises. «Mais une résolution ne veut rien dire si elle ne s'accompagne pas de détermination», a affirmé le président lors d'une allocution à la Maison-Blanche en présence du secrétaire d'État Colin Powell. George Bush a réaffirmé que «les violations par l'Irak sont évidentes et continuent en ce moment même». Il a répété la liste des preuves que les États-Unis affirment détenir sur les armes de destruction massive de l'Irak et sur ses liens avec des organisations terroristes.
Selon le président américain, le régime irakien dissimule ces armes et empêche le travail des inspecteurs de l'ONU, cette stratégie étant décidée «au plus haut niveau du régime», notamment par Saddam Hussein et ses deux fils. «Nous avons des sources qui nous disent que Saddam Hussein a récemment autorisé ses commandants sur le terrain à utiliser des armes chimiques, ces armes que le dictateur irakien affirme ne pas posséder», a souligné M. Bush.
Un peu plus tôt, le président Bush avait affirmé que l'éventualité d'une guerre contre l'Irak et la menace constante du terrorisme constituaient une «période de mise à l'épreuve» pour les États-Unis.
Au lendemain de son exposé devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le chef de la diplomatie américaine a tenté pour sa part d'obtenir jeudi le soutien du Congrès lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. À cette occasion, Colin Powell a déclaré que, «d'une façon ou d'une autre», il serait mis un terme «dans quelques semaines» à la crise irakienne. M. Powell a également souligné l'importance de la visite à Bagdad des responsables des inspections, Hans Blix et Mohamed El-Baradeï, qui aura lieu ce week-end.
Des diplomates ont indiqué que la Grande-Bretagne soumettra probablement au Conseil de sécurité des Nations unies une nouvelle résolution autorisant le recours à la force contre l'Irak, mais pas avant le retour de Bagdad des deux chefs des inspecteurs en désarmement. Hans Blix et Muhamed ElBaradeï doivent présenter un deuxième rapport au Conseil le 14 février. Selon un diplomate américain ayant requis l'anonymat, Washington attend de Londres qu'il propose cette résolution, qui compléterait la résolution 1441 adoptée en novembre. La résolution 1441 menace Bagdad de «graves conséquences» en cas de non-respect des exigences de l'ONU.
Alerte aux attentats et déploiement militaire
Au même moment, le département d'État a publié un nouvel avis alertant ses ressortissants partout dans le monde contre une «menace élevée» d'attentats terroristes, avec notamment des armes chimiques ou biologiques. La dernière alerte du ministère américain des Affaires étrangères, publiée le 20 novembre, mettait surtout l'accent sur les risques d'enlèvements.
Par ailleurs, le Pentagone a précipité les préparatifs d'une guerre éventuelle contre l'Irak en ordonnant le déploiement au Moyen-Orient d'une de ses plus redoutables unités, la 101e division aéroportée. Il envisage aussi de porter à six le nombre de porte-avions dans le Golfe ou en Méditerranée. Les effectifs américains dans la région atteignent déjà quelque 110 000 militaires, dont 51 000 au Koweït avec leurs équipements lourds.
La Grande-Bretagne a également annoncé jeudi l'envoi d'une centaine d'avions de combat dans le Golfe dans les jours et semaines à venir.
Les cours du pétrole ont poursuivi leur ascension, notamment soutenus par le renforcement du dispositif militaire dans le Golfe. À New York, le prix du brut de référence pour livraison rapprochée en mars a gagné 29 cents à 34,16 dollars, après avoir déjà pris 35 cents mercredi.
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