La Turquie obligée de choisir son camp Mise à jour le mardi 4 février 2003, 15 h 29 . Les intérêts régionaux de la Turquie ne lui permettent pas de rester en dehors d'un conflit si la guerre devait éclater en Irak, a affirmé le dirigeant du parti au pouvoir. Recep Tayyip Erdogan a précisé que si le pays restait en dehors, il ne pourrait plus en contrôler les développements. La Turquie était jusqu'à présent opposée à une intervention militaire contre Bagdad et a toujours réservé sa réponse aux demandes de Washington en vue d'un déploiement ou d'un transit de troupes via son territoire. Mais les États-Unis font de plus en plus pression sur Ankara pour pouvoir utiliser ses ports et aéroports et y déployer ses soldats en vue de l'ouverture possible d'un «front nord» contre l'Irak.
Ankara pourrait ainsi autoriser le passage de 30 000 fantassins américains à utiliser son territoire comme tremplin pour une offensive en Irak. Le gouvernement turc doit convoquer cette semaine le parlement pour débattre de cette question. En outre, la Turquie autoriserait les États-Unis à déployer 350 avions de combat sur plusieurs bases aériennes dans le sud-est du pays pour une campagne aérienne contre le régime de Bagdad. Le gouvernement turc souhaite également que le parlement autorise l'entrée de troupes turques en Irak du nord, où elles assureraient la sécurité d'une zone tampon de plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur tout le long de la frontière.
Ankara demanderait, par surcroît, cette semaine, immédiatement après la présentation mercredi par Washington à l'ONU de ses preuves de la duplicité de Bagdad, l'autorisation de faire entrer quelque 3500 spécialistes américains du génie pour travailler à la modernisation de bases aériennes et de ports.
Les députés turcs sont majoritairement contre la guerre, tant au sein du parti de la Justice et du Développement, au pouvoir, que sur les bancs du principal parti d'opposition, le parti social-démocrate Républicain du peuple. La population turque est également majoritairement hostile à une participation d'Ankara à une guerre contre le voisin irakien et des manifestations quotidiennes sont organisées dans le pays pour s'opposer à une éventuelle opération armée.
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