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La crise irakienne entre dans une phase cruciale

Mise à jour le lundi 3 février 2003, 19 h 46 .

Blair et Bush doivent convaincre le Conseil de les suivre.
Le secrétaire d'État américain, Colin Powell, doit présenter mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU des preuves que l'Irak détient des armes de destruction massive et entretient des liens avec le réseau Al-Qaeda. Bagdad dément ces allégations et accuse Washington de fabriquer des preuves.

Selon un responsable de l'administration Bush, M. Powell devrait présenter des photos d'installations d'armement biologique mobiles et faire état de transcriptions de conversations téléphoniques entre responsables irakiens.

Dans un article du Wall Street Journal de lundi, M. Powell a affirmé qu'il n'y aurait pas de «pistolet fumant» dans sa présentation au Conseil de sécurité. Cependant, il a insisté sur le fait que les inspecteurs de l'ONU étaient suivis par des «anges gardiens» chargés de surveiller tout entretien ou échange.

Mohammed Al-Douri
À l'approche de cette réunion aux Nations unies, l'ambassadeur de l'Irak à l'ONU, Mohamed Al-Douri, a fait savoir qu'il demanderait officiellement à parler devant le Conseil de sécurité après l'intervention du secrétaire d'État américain. Les États-Unis ont répondu qu'ils n'avaient pas d'objection à cette intervention.

Par ailleurs, le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer, a assuré lundi que la France et l'Allemagne étaient «avec nous» dans la lutte contre le terrorisme et pour le désarmement de l'Irak. M. Fleischer était interrogé sur la phrase souvent prononcée par le président Bush, selon laquelle les différents pays sont «avec nous ou contre nous» dans la lutte contre le terrorisme. «Ils sont clairement avec nous. La question porte sur le recours à la force militaire», a-t-il précisé lors d'un point de presse.

Tony Blair tentera de convaincre Jacques Chirac

Sur le front diplomatique, les pressions se font de plus en plus fortes pour rallier le plus grand nombre de pays à la guerre. Dans une intervention à la Chambre des communes, le premier ministre britannique, Tony Blair, a estimé que le Conseil de sécurité de l'ONU devait adopter une seconde résolution déclarant que l'Irak était en violation de ses obligations de désarmement et autorisant le recours à la force militaire.

M. Blair rencontrera mardi le président français, Jacques Chirac, lors du 25e Sommet franco-britannique au Touquet, dans le Pas-de-Calais. L'allié le plus important du président Bush tentera de rallier M. Chirac à l'idée de cette seconde résolution de l'ONU. Le premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, a souhaité lundi qu'un débat au Conseil de sécurité des Nations unies sur les preuves américaines contre l'Irak soit organisé.

De son côté, le président russe, Vladimir Poutine, a estimé qu'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pourrait se révéler nécessaire si les inspecteurs des Nations unies n'étaient pas satisfaits de la coopération irakienne.

Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a appelé l'Union européenne à parler d'une seule voix au sujet de la crise irakienne, estimant qu'un Europe désunie engendrait la confusion et favorisait un monde unipolaire, mené par les États-Unis. M. Prodi faisait référence à la division née au sein de l'Union après l'annonce par la France et l'Allemagne de leur opposition à une éventuelle intervention militaire en Irak. À l'inverse, d'autres pays européens, dont la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Espagne, ont assuré Washington de leur soutien.

À Addis Abeba, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a estimé quant à lui qu'en cas de guerre en Irak, «le terrorisme vaincra». Il a aussi affirmé que le président irakien Saddam Hussein resterait en Irak ou y mourrait, mais ne partirait pas en exil.

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