La CIA et le FBI en désaccord avec la Maison-Blanche Mise à jour le lundi 3 février 2003, 15 h 19 .  | | La Maison-Blanche | C'est mercredi que le secrétaire d'État américain Colin Powell doit présenter ses preuves contre l'Irak au Conseil de sécurité de l'ONU. Elles seraient notamment fondées sur des écoutes électroniques. Mais selon le New York Times de dimanche, le dossier est mince et aussi bien la CIA que le FBI sont en désaccord avec la Maison-Blanche en ce qui concerne les prétendus liens entre le régime irakien et le réseau terroriste Al-Qaeda. Selon des experts de l'agence centrale du renseignement, de hauts responsables du gouvernement exagèrent la portée de certains rapports d'espionnage sur l'Irak, dans le but de justifier une guerre.
Des responsables interrogés par le quotidien affirment que le secrétaire-adjoint à la Défense, Paul Wolfowitz, et le conseiller adjoint à la sécurité nationale, Stephen Hadley, sont les plus enclins à interpréter des rapports jugés flous par la CIA et le FBI comme le signe de l'implication de l'Irak dans l'armement prohibé et le terrorisme. Leurs supérieurs hiérarchiques respectifs, Donald Rumsfeld et Condoleezza Rice, suivent également une ligne dure, selon le journal.
Des révélations sur les plans américains
 | | Condoleeza Rice (archives) | Deux conseillers américains de haut rang ont fait dimanche certaines révélations sur les plans des États-Unis. L'hypothèse de la mise en place à Bagdad d'une administration américaine pour une période de transition après l'éviction de Saddam Hussein a ainsi été confirmée pour la première fois par la conseillère du président George W. Bush pour les affaires de sécurité, Condoleezza Rice. «Les États-Unis et leurs alliés devront préserver pendant un certain laps de temps la sécurité, s'assurer qu'il n'y aura pas d'actes de violence, maintenir l'unité du pays et vérifier que les aides humanitaires parviennent au peuple irakien», a-t-elle déclaré au quotidien égyptien al-Ahram.
L'autre indication sur les plans américains est venue de Richard Perle, un influent conseiller du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, dans un entretien publié dimanche par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat. «Mon sentiment, c'est que la guerre va commencer prochainement (...), et les États-Unis seront en mesure d'avoir la situation en main en l'espace de 30 jours», a-t-il déclaré.
Ces propos semblent accréditer les informations du New York Times quant à la perspective de frappes massives contre l'Irak dès l'ouverture des hostilités. Selon le journal, le Pentagone a prévu de lâcher 3000 bombes et missiles dans les premières 48 heures de la campagne, de façon à briser le moral de l'armée et à créer un choc au sein du pouvoir politique.
Dans la même veine, l'hebdomadaire britannique The Observer croit savoir que les raids des bombardiers américains viseront en premier lieu les palais de Saddam Hussein et d'autres symboles de son régime, de façon à convaincre le peuple irakien que la guerre n'est pas dirigée contre lui, mais contre le régime.
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