Bush prépare les Américains à la guerre Mise à jour le jeudi 30 janvier 2003, 17 h 45 . Le président des États-Unis, George W. Bush, a prononcé, mardi soir, son discours sur l'état de l'Union devant le Congrès à Washington. Ce discours annuel est l'occasion pour le président américain de présenter à la nation ses grandes orientations politiques et ses programmes pour la nouvelle année.
Le président Bush a annoncé que Washington allait présenter des preuves pour convaincre le monde que l'Irak possède des armes de destruction massive. M. Bush a précisé que les États-Unis allaient demander au Conseil de sécurité de se réunir le 5 février «pour examiner des faits sur la façon dont l'Irak continue de défier le monde». Il a également souligné sa détermination à lancer une opération militaire pour débarrasser l'Irak du régime de Saddam Hussein si ce dernier ne se pliait pas aux injonctions de l'ONU pour désarmer.
M. Bush s'est lancé dans des descriptions des tortures que le dirigeant irakien fait subir à son peuple. «Si cela n'est pas le mal, alors ce mot n'a pas de sens», a affirmé le président américain, pour qui la défaite du régime de Saddam Hussein marquera la libération du peuple irakien. «Placer sa confiance dans la raison et la retenue de Saddam Hussein n'est pas une stratégie, ce n'est pas une option», a-t-il estimé.
George W. Bush a aussi affirmé que les Américains avaient des preuves de liens entre l'Irak et des terroristes, y compris des membres de l'organisation Al-Qaeda.
En cas de guerre avec l'Irak, «nous combattrons avec toute la force et la puissance militaire des États-Unis et nous l'emporterons», a assuré le président américain. Il a ajouté à l'adresse des forces américaines dans le Golfe: «Beaucoup d'entre vous se rassemblent au Moyen-Orient et à proximité, et des heures cruciales se préparent peut-être. Le succès de notre cause dépendra alors de vous».
Menaces différentes, stratégies différentes
George W. Bush a donné une géométrie variable à l'«axe du mal» qu'il avait identifié il y a un an, reconnaissant que Washington avait adopté des stratégies différentes face à l'Irak, la Corée du Nord et l'Iran. «Différentes menaces demandent des stratégies différentes», a admis le président américain. L'année dernière, depuis la même tribune, il avait rangé au sein d'un «axe du mal», l'Iran, la Corée du Nord et l'Irak, sans trop différencier les trois. Mais depuis, les États-Unis ont entrepris de masser des troupes dans le Golfe en vue d'une éventuelle intervention pour désarmer Bagdad par la force.
Face à Pyongyang, ils ont retenu la voie diplomatique pour tenter de dissuader ce régime totalitaire de relancer son programme nucléaire militaire. George W. Bush a certes accusé le régime de Kim Jong-Il d'être répressif et de faire vivre son peuple dans la peur et la famine et assuré que «les États-Unis et le monde ne seront pas soumis au chantage». «Les États-Unis oeuvrent avec les pays de la région, la Corée du Sud, le Japon, la Chine et la Russie, pour trouver une solution pacifique et pour montrer au gouvernement nord-coréen que les armes nucléaires ne lui apporteront que l'isolation, la stagnation économique et la poursuite de ses difficultés», a-t-il affirmé.
Quant à l'Iran, il a accusé le gouvernement d'oppresser son peuple, de chercher à développer des armes de destruction massive et d'apporter son soutien au terrorisme. Mais M. Bush a semblé laisser la porte ouverte à une évolution démocratique dans ce pays, en évoquant le droit des Iraniens à choisir leur gouvernement et leur propre destin et en les assurant que les États-Unis soutenaient leur aspiration à vivre en liberté.
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