Ankara et Washington s'entendent Mise à jour le jeudi 30 janvier 2003, 17 h 45 . La Turquie a donné son accord de principe pour que quelque 20 000 soldats américains transitent par son territoire pour pénétrer dans le nord de l'Irak, en cas d'offensive contre ce pays. Quelque 5000 autres militaires seraient autorisés à stationner en Turquie pour fournir un soutien logistique à ces troupes terrestres. Le premier ministre turc, Adbullah Gul, a déclaré que l'entente, qui doit encore recevoir le feu vert du Parlement turc, permettrait de protéger l'économie du pays des impacts d'un conflit. La Turquie affirme avoir perdu près de 40 milliards de dollars à cause de la guerre du Golfe et des sanctions décrétées contre l'Irak par l'ONU.
L'accord conclu entre Ankara et Washington permettra au Pentagone de prévoir un second front en Irak si le président George W. Bush décide de lancer une offensive militaire contre le régime de Saddam Hussein. Avec l'ouverture de ce second front, les stratèges américains entendent prendre rapidement le contrôle du Kurdistan et des champs pétroliers situés près de Kirkouk et se lancer à l'assaut de Tikrit, la ville natale de Saddam Hussein.
Les États-Unis ont aussi demandé à Ankara d'avoir accès aux bases aériennes de Batman et Diyarbakir et aux ports d'Antalya, Mersin et Iskenderun. Des forces aériennes américaines et britanniques utilisent déjà la base aérienne d'Incirlik dans le sud de la Turquie pour survoler la zone d'exclusion aérienne du nord de l'Irak.
La Turquie, le seul pays musulman membre de l'OTAN, fait souffler le chaud et le froid sur le degré de coopération qu'elle offrirait à Washington en cas de guerre contre l'Irak. Le gouvernement est à la recherche de solutions diplomatiques pour éviter une guerre dont il craint qu'elle ne mine encore davantage l'économie turque et n'encourage la minorité kurde à reprendre la lutte pour l'indépendance.
Ankara s'est jusqu'ici refusée à autoriser le déploiement sur son territoire de soldats américains. Son soutien aux opérations américaines lui permettrait sans doute d'avoir davantage d'influence dans les décisions concernant l'Irak de l'après-Saddam Hussein.
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