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L'Irak pourrait frapper le Koweït

Mise à jour le jeudi 30 janvier 2003, 17 h 46 .

Dans un entretien exclusif qu'il accordait à la CBC en direct de Bagdad, lundi soir, le vice-premier ministre irakien, Tarek Aziz, a déclaré que l'Irak n'avait pas les moyens de lancer une attaque contre les États-Unis et qu'il ne le souhaitait pas. Par contre, il n'a pas laissé de doute sur une riposte contre le Koweït si les États-Unis lançaient une attaque à partir de ce pays. «Le Kowet est un champ de bataille et les forces américaines se trouvent au Koweït, se préparant à attaquer l'Irak. S'il y a une attaque à partir du Koweït, je ne peux pas dire que nous ne riposterions pas. C'est légitime», a-t-il déclaré.

M. Aziz a ajouté toutefois que Bagdad allait satisfaire toutes les demandes à venir des inspecteurs des Nations unies, qui poursuivent leur travail. Selon lui, il n'y a que deux sujets de discorde: le survol du territoire irakien par des avions de surveillance U-2 et les conditions en vertu desquelles les scientifiques irakiens peuvent être interrogés par les experts des Nations unies.

Ces déclarations du responsable irakien interviennent le jour même du dépôt du rapport des chefs des inspecteurs au Conseil de sécurité de l'ONU à New York.

Ils ont demandé «plusieurs mois» de plus pour mener à bien leur mission, en soulignant que de nombreuses questions étaient restées sans réponse au sujet d'armes biologiques et chimiques et de missiles à longue portée.

Le président George W. Bush n'a pas réagi à la présentation de ce rapport. On s'attend à ce qu'il en parle mardi soir dans son discours sur l'état de l'Union, même si la Maison-Blanche a fait savoir qu'il devrait être question surtout de problèmes intérieurs.

La Grande-Bretagne, le plus fidèle allié de Washington, a indiqué, de son côté, qu'elle acceptait un nouveau rapport des inspecteurs en désarmement, le 14 février, comme recommandé par l'Allemagne. Les autres membres permanents du Conseil de sécurité, qui ont un droit de veto, soit la France, la Russie et la Chine, ont tous trois répété, qu'à leur avis, il n'existait pas de fondements pour recourir à la force contre l'Irak.

En revanche, l'Australie a jugé le rapport des inspecteurs onusiens accablant pour Bagdad, tandis que la Nouvelle-Zélande estimait que la guerre était maintenant beaucoup plus probable.

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