Colin Powell fait monter la pression Mise à jour le jeudi 30 janvier 2003, 17 h 49 . Prenant la parole, dimanche, au Forum économique de Davos, en Suisse, le secrétaire d'État américain a déclaré que le «réseau des tyrans et de la terreur» était le plus grand danger de notre temps et que c'est pour cela qu'il fallait venir à bout du régime de Saddam Hussein. Colin Powell a accusé le maître de Bagdad d'avoir des liens avec Al-Qaeda, le réseau d'Oussama ben Laden, accusé d'avoir commandité les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Il n'a toutefois pas donné plus de précisions sur ces liens.
M. Powell a affirmé que, jusqu'à maintenant, Bagdad n'avait pas prouvé qu'il était bel et bien désarmé. Il a assuré cependant que les États-Unis n'étaient pas pressés de partir en guerre et qu'ils cherchaient toujours un règlement pacifique. Mais du même souffle, il a bien répété que Washington se réservait le droit d'attaquer seul l'Irak si le Conseil de sécurité des Nations unies renonçait à régler le problème du désarmement de Bagdad. Il faisait allusion aux objections formulées par la France ou l'Allemagne.
Cette intervention de Colin Powell a été faite à la veille du dépôt du rapport des inspecteurs de l'ONU sur l'état de l'armement irakien qui doit être remis aujourd'hui au siège de l'organisation à New York. Mais les inspecteurs pourraient bénéficier de plus de temps. M. Powell a précisé que le 27 janvier ne devait pas être perçu comme la date butoir pour le déclenchement d'une guerre.
Même son de cloche du côté du premier ministre de la Grande-Bretagne. En entrevue à la BBC, Tony Blair a déclaré qu'il fallait accorder aux inspecteurs le temps de faire leur travail. M. Blair croit que quelques semaines supplémentaires pourraient être suffisantes. Il a affirmé, par contre, que si les inspecteurs n'étaient pas en mesure de compléter leur travail, Saddam Hussein devra être désarmé de force.
Le président des États-Unis, quant à lui, doit évoquer l'Irak dans un discours sur l'état de l'Union mardi à Washington. Vendredi, il recevra le premier ministre britannique, Tony Blair, son meilleur allié face à l'Irak.
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