Washington n'exclut pas une deuxième résolution de l'ONU... sans la France Mise à jour le jeudi 30 janvier 2003, 17 h 54 . Washington n'exclut pas le vote d'une deuxième résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies pour autoriser l'usage de la force contre le gouvernement irakien. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleisher, a déclaré jeudi que les États-Unis considéraient l'ONU comme un «canal utile», tout en ajoutant que ce n'était pas le seul.
Plus tôt, M. Fleischer, avait évoqué la possibilité que la France ne se joigne pas à une éventuelle coalition militaire contre l'Irak. M. Fleischer commentait les propos de mercredi du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, qui affirmait que la France et l'Allemagne n'étaient pas représentatifs de la « nouvelle Europe » qui, elle, suit la ligne des États-Unis pour désarmer l'Irak. M. Fleischer a ajouté que le président George W. Bush respecte toutefois les pays qui pensent différemment des États-Unis.
 | | Jacques Chirac et Gerhard Schröder | Cette déclaration de la Maison-Blanche fait suite à une conférence de presse conjointe des leaders français et allemand, mercredi, à Berlin. À l'occasion des célébrations du 40e anniversaire du Traité de Paris, consacrant la réconciliation franco-allemande, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont répété qu'il fallait régler la question du désarmement en Irak de façon pacifique. Jeudi, à l'occasion des célébrations qui se tenaient à Berlin, M. Chirac a refusé de commenter directement les propos de Donald Rumsfeld, selon qui la France et l'Allemagne représentent la « vieille Europe » mais il a tenté de calmer la joute verbale en déclarant « qu'il est essentiel que le débat sur l'Irak se déroule dans la sérénité ».
 | | Jack Straw et Colin Powell | Par ailleurs, le secrétaire d'État américain, Colin Powell, a affirmé que les États-Unis ne seraient pas seuls s'ils devaient intervenir en Irak, même sans une nouvelle résolution de l'ONU. M. Powell recevait à Washington son homologue britannique, Jack Straw, à quatre jours du premier rapport des inspecteurs de l'ONU sur l'Irak. Jack Straw et Colin Powell ont tenté de minimiser les dissidences de pays alliés, surtout celles de la France et de l'Allemagne qui martèlent depuis deux jours leur opposition à une intervention militaire en Irak.
Des scientifiques exécutés ?
De son côté, le numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz, a affirmé que le président irakien Saddam Hussein avait ordonné l'exécution de tous les scientifiques qui coopéreraient avec les inspecteurs des Nations unies, ainsi que de leurs familles. Le secrétaire adjoint à la Défense a ajouté que les scientifiques avaient dû apprendre les réponses qu'ils devaient faire lors des entretiens avec les experts onusiens. Selon lui, des membres des services de renseignements irakiens se font même passer pour des scientifiques. Indéniable faucon de l'administration américaine, M. Wolfowitz est un des artisans de la stratégie belliqueuse à l'égard de l'Irak.
Réunis à Istanbul, en Turquie, les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l'Egypte, de la Syrie, de la Jordanie, de l'Iran et de l'Arabie saoudite ont, dans une déclaration conjointe, appelé l'Irak à collaborer davantage avec les Nations unies.
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