Ottawa rallie Berlin et Paris Mise à jour le jeudi 30 janvier 2003, 17 h 53 .  | | Bill Graham | Le Canada se range du côté de la France et de l'Allemagne, qui s'opposent aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, sur la nécessité de mener une guerre pour forcer l'Irak à désarmer. En entrevue, le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a déclaré qu'une attaque contre Bagdad était injustifiée pour l'instant.
La France et l'Allemagne accusés d'incarner «la vieille Europe»
Cette mise au point du ministre canadien survient alors qu'une vive altercation a opposé les deux pays européens aux États-Unis sur cette question.
 | | Donald Rumsfeld | Mercredi, à l'occasion des célébrations du 40e anniversaire du Traité de Paris, consacrant la réconciliation franco-allemande, le président français, Jacques Chirac, et le chancelier allemand, Gerhard Schröder, ont affirmé solennellement leur opposition à une guerre contre l'Irak. Réagissant à cette solide détermination, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a rétorqué que Paris et Berlin ne représentaient que la «Vieille Europe», et que le centre de gravité européen se situait désormais plus à l'est, là où les pays sont plus favorables aux thèses bellicistes de Washington.
Ottawa pour la poursuite des inspections
Tentant de dissiper un certain flou dans la position canadienne, Bill Graham a déclaré préconiser la poursuite du travail des inspecteurs en désarmement de l'ONU, au moins jusqu'à ce que le Conseil de sécurité soit convaincu de la nécessité de l'option militaire contre le régime irakien. M. Graham doit discuter de la situation en Irak avec son homologue américain, Colin Powell, la semaine prochaine à Washington.
Mercredi, le ministre canadien des Affaires étrangères a demandé à tous les pays de soutenir fermement le processus des Nations unies sur la question irakienne.
Une députée canadienne à Bagdad
 | | Colleen Beaumier | De son côté, la députée libérale de Brampton-Ouest-Mississauga, Colleen Beaumier, a rencontré jeudi plusieurs représentants irakiens, dont le vice-premier ministre, Tarek Aziz. Elle a affirmé à ses interlocuteurs que le Canada voulait s'en tenir à la lettre de la résolution 1441, enjoignant l'Irak à révéler ses programmes de fabrication de missiles et d'armes bactériologiques, chimiques et nucléaires.
Faisant remarquer qu'aucune preuve n'avait pu être produite sur l'existence d'armes prohibées en Irak, Mme Beaumier a clairement émis un doute sur les véritables mobiles de l'administration américaine. Soulignant que 46% de la population irakienne avaient moins de 16 ans, Mme Beaumier a déclaré que les principales victimes d'une opération militaire seraient des enfants.
| | * Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes |

|