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Les positions semblent inconciliables

Mise à jour le jeudi 30 janvier 2003, 17 h 55 .

Selon Hans Blix, les Irakiens ne coopérent pas de manière active. Pour George M. Bush, ils ne désarment pas du tout. Pour la France et l'Allemagne, ils faudraient prolonger le travail des inspecteurs.

Hans Blix
Le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU Hans Blix a déclaré mercredi au siège des Nations Unies à New York que les Irakiens ne coopéraient pas encore de manière active. Il a également indiqué que les inspecteurs «n'avaient rien trouvé de caché en grande quantité».«Nous avons obtenu des réponses satisfaisantes à certaines questions mais pas à d'autres», a déclaré Hans Blix, ajoutant: «Si vous demandez s'ils coopèrent activement, je répondrais non, il ne sont pas encore arrivés à ce stade. Si nous avons une coopération active, s'ils font véritablement un effort, nous ne devrions pas avoir besoin de beaucoup de temps. Si nous n'avons pas ce type de coopération, cela (le processus d'inspection) peut s'éterniser». À une autre question lui demandant si la coopération des Irakiens était suffisante, il a répondu que «des progrès ont été faits (...) Ils nous ont soumis plus de documents, mais ce n'est pas encore suffisant».

Mohamed ElBaradei
M. Blix était dimanche et lundi derniers à Bagdad avec son collègue Mohamed ElBaradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Ils ont, à cette occasion, élaboré un accord en dix points prévoyant l'accès à tous les sites, y compris les maisons privées. Dans le document, Bagdad promettait également d'encourager les Irakiens, notamment les scientifiques, à parler avec les inspecteurs lors d'entrevues confidentielles, ce qui est considéré comme une concession majeure. Une équipe serait aussi créée pour enquêter sur les ogives chimiques que possèderait l'Irak. Par ailleurs, les deux hommes doivent rendre compte lundi prochain au Conseil de sécurité des résultats des deux premiers mois d'inspection sur le terrain.

Washington a franchi mardi un nouveau palier vers une intervention armée en Irak. George W. Bush a affirmé que Saddam Hussein ne désarmerait jamais volontairement et que les États-Unis s'apprêtaient à rassembler une coalition pour l'y contraindre par la force. «Je vous dirai quand le moment arrivera», a lancé le président américain, en estimant que «le temps est compté», la formule de prédilection de son administration depuis plusieurs jours. Quelques 20 000 réservistes supplémentaires ont été placés en service actif, a déclaré le Pantagone mercredi, portant ainsi le nombre total de réservistes en service actif à 78 906.

Jacques Chirac et Gerhard Schroeder
Alors que les États-Unis se préparent à la guerre, l'Union européenne, Londres à l'écart, s'active en faveur de la paix. Le président français, Jacques Chirac a réitéré mercredi que «la guerre n'est pas inévitable» en Irak et souligné la volonté de «concertation étroite» de la France et de l'Allemagne «pour donner toutes ses chances à la paix». «La guerre n'est pas inévitable», a-t-il ajouté, sous les applaudissements, dans un discours prononcé au château de Versailles à l'occasion du 40ème anniversaire de la signature du Traité de l'Elysée. «Le seul cadre d'une solution légitime est celui des Nations unies.

La France et l'Allemagne, en présidence successive du Conseil de sécurité, mènent une concertation étroite et exemplaire pour donner toutes ses chances à la paix», a dit Jacques Chirac, devant quelque 900 députés français et allemands, en présence de Gerhard Schroeder. «Il est urgent que l'Europe s'impose comme un acteur international. Elle est aujourd'hui un exemple pour tous ceux qui refusent la fatalité de la guerre. Son rêve n'est pas une vaine gloire (...) mais de mettre sa puissance au service de la paix», a-t-il déclaré. Le chancelier allemand a, quant à lui, déclaré que «Nous voulons tous les deux une solution pacifique à la crise en Irak et nous y travaillons en étroite coopération».



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