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Selon vous, à quoi ressemblera la politique canadienne, après les élections du 28 juin?


« Les Canadiens attendent plus de nous. Nous devons faire mieux : j'en prends l'engagement ce soir »

Paul Martin, premier ministre réélu, le 28 juin

« On peut dire que c'est une victoire propre au Québec, n'est-ce pas? »

Le chef bloquiste Gilles Duceppe, le 28 juin




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Mise à jour le mardi 29 juin 2004 à 17 h 53

Paul Martin promet de faire plus et mieux

Reporté au pouvoir, mais de façon minoritaire, Paul Martin estime que les Canadiens ont envoyé un double message au Parti libéral : il faut faire plus, mieux et il faut travailler ensemble. « Les Canadiens attendent plus de nous. Nous devons faire mieux : j'en prends l'engagement ce soir », a affirmé le chef libéral, qui a d'abord remercié ses électeurs de LaSalle-Émard, au Québec.

M. Martin a promis de travailler d'arrache-pied pour garder la confiance des Canadiens. Il s'est aussi engagé à travailler à la promotion des valeurs défendues par le Parti libéral au cours de la campagne électorale.

Faisant allusion au recul marqué du vote libéral au Québec, M. Martin a promis de travailler à bâtir un Canada dans lequel les Québécois voudront rester. « Le Québec aura sa place à la table nationale », a-t-il lancé.

« Une victoire propre au Québec »

« On pourrait dire que c'est une victoire propre au Québec », a lancé Gilles Duceppe à ses militants. Le chef du Bloc québécois, réélu dans Laurier, a ainsi qualifié l'élection de 54 députés bloquistes au Québec, soit autant que le record du scrutin de 1993.

En plus de remercier sa femme, Yolande Brunelle, et ses enfants, M. Duceppe a aussi salué le chef du Parti québécois, Bernard Landry, et l'ex-premier ministre Jacques Parizeau, devenu conseiller du Bloc, pour leur aide et leur appui.

« Mon ami Bernard Landry a toujours été là, même dans les moments difficiles. Nous avons mené cette bataille main dans la main, et on mènera ce combat jusqu'au pays qu'on doit se donner. »

Selon le leader souverainiste, les résultats sont un message clair selon lequel le Bloc est le seul parti auquel les Québécois font confiance pour défendre leurs intérêts à Ottawa. « Pourquoi aucune des autres formations politiques n'est en mesure de répondre aux aspirations des Québécois? a-t-il poursuivi. Parce qu'elles ne reconnaissent pas la différence du Québec, ni les conséquences de cette différence. »

Concernant le scandale des commandites, qui visaient à faire la promotion de l'unité canadienne, Gilles Duceppe a lancé: « Nous sommes un peuple trop fier pour se faire acheter! »

Le chef conservateur parle d'un mandat libéral « modeste »

« Notre parti a fait des progrès historiques dans notre pays en très peu de temps », a déclaré d'emblée le chef conservateur, Stephen Harper, dans son discours. Il a affirmé qu'il acceptait le verdict des électeurs, qui « ont privé les libéraux de la majorité à laquelle ils pensaient avoir droit », a-t-il nuancé.

Il a félicité le premier ministre Paul Martin, soulignant toutefois le « mandat modeste » que lui ont confié les Canadiens, et loué ses adversaires bloquiste et néodémocrate pour leur « idéalisme ».

Même s'il a admis sa déception, Stephen Harper a souligné le progrès enregistré par sa formation depuis les dernières élections. « Nous avons augmenté le nombre de sièges, élargi notre base dans notre pays ». Il a également mis en évidence la fragilité d'un gouvernement minoritaire. « Tant qu'un parti n'a pas obtenu la majorité un jour, la bataille n'est pas terminée », a-t-il soutenu.

Réitérant les thèmes de sa campagne – une économie plus forte, la fin des scandales, de meilleurs soins de santé, une plus grande collaboration avec les provinces, une sécurité accrue, une justice plus ferme, une armée plus solide et une réforme démocratique - Stephen Harper a promis de se battre pour les projets défendus au cours des dernières semaines. Il s'est également engagé à obliger le Parti libéral à rendre des comptes.

« [Nous travaillerons pour que] la voix de l'Ouest se fasse entendre et soit acceptée dans les couloirs à Ottawa », a-t-il déclaré. Il a en outre invité les Québécois à se joindre à sa formation, promettant que son parti redoublerait d'efforts pour redonner au Québec une autre option que la centralisation ou l'isolement.

Des résultats « positifs »

« Le Parlement va avoir une nouvelle dose d'énergie », s'est exclamé pour sa part le chef du NPD, Jack Layton, dans son discours. Après avoir félicité ses adversaires, il a fait valoir que son parti avait obtenu deux fois plus de votes et deux fois plus de députés que lors des dernières élections.
Avec 15 % des appuis à l'échelle nationale, le NPD a recueilli 8 % de plus de voix depuis la dernière élection, la hausse la plus importante de toutes les formations politiques.

Énumérant les priorités qu'il défend, comme le système de santé public, la non-militarisation de l'espace, la ratification de l'Accord de Kyoto sur les gaz à effet de serre, le pacte avec les munipalités, Jack Layton a promis de surveiller de près le gouvernement de Paul Martin. « Nous allons l'obliger à respecter ses engagements, avec toutes nos énergies », a-t-il affirmé. « Nous allons travailler pour un pays plus vert, plus équitable, plus généreux », a-t-il ajouté.

Il a également soutenu qu'il allait promouvoir auprès de l'équipe libérale la représentation proportionnelle, chère au NPD. « Nous n'allons pas vous décevoir », a-t-il dit à ses partisans.






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