 Brault et Guité tenteront de retarder leur procèsLes avocats des deux hommes devraient faire valoir que la publication du premier rapport du juge John Gomery sur le scandale des commandites, pendant le procès, pourrait influencer le jury. 26 septembre 2005 - Les avocats de Jean Brault et Charles Guité pourraient déposer une requête, mercredi, destinée à faire reporter le procès de leurs clients. En principe, le procès pour fraude et complot doit commencer le 3 octobre et durer au moins six semaines. Mais le dépôt du premier rapport du juge John Gomery sur le scandale des commandites, attendu le 1er novembre, risque de porter préjudice à ce procès, selon les avocats des accusés. Vendredi, le juge Fraser Martin, qui entend la cause, a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de demander directement le report du premier rapport du juge Gomery. Invoquant la séparation des pouvoirs, il refuse de faire pression sur Ottawa, mais invite la Couronne et la défense à le faire. Le juge Martin estime que le procès est « de toute évidence en danger » puisque, si les échéances sont respectées de part et d'autre, la publication du rapport Gomery aura lieu pendant le procès.
 . | | Le juge Fraser Martin (archives) . |
Le magistrat craint que les jurés ne soient influencés par les révélations du rapport Gomery et dit vouloir s'assurer que les deux accusés auront droit à un procès juste et équitable. Or, le bureau du premier ministre Paul Martin n'est pas chaud à l'idée d'en reporter la parution. Advenant le maintien de la date de publication du document, deux autres choix s'offrent au magistrat: retarder la tenue du procès pour une quatrième fois, ou séquestrer le jury lorsque le rapport sera rendu public. Le premier rapport du juge Gomery porte sur l'établissement des faits en fonction des témoignages. Le deuxième rapport, qui traitera des politiques et inclura les recommandations, doit être déposé le 1er février. Fraudes et complot Jean Brault, ex-président de Groupaction, et Charles Guité, ex-haut fonctionnaire responsable du programme fédéral des commandites, font face à cinq chefs d'accusation de fraude et un autre de complot pour leurs agissements dans le cadre du programme. Ils ont plaidé non coupables mercredi dernier. Les accusations ne sont pas reliées aux contrats de commandite proprement dits, mais à cinq contrats de recherche passés entre eux. Elles se rapportent notamment à la production de trois rapports quasi identiques présentés au ministère des Travaux publics pour une facture totale de 1,6 million de dollars.
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