 Commission Gomery: les plaidoiries ont commencéLes avocats de Gilles-André Gosselin, Jean Brault et Luc Lemay ont été les premiers à se faire entendre à l'ouverture de cette dernière session d'audiences publiques, qui durera toute la semaine. Le juge John Gomery a entrepris lundi d'entendre les plaidoiries des avocats représentant les témoins et les intervenants aux travaux de la commission sur les commandites. D'ici vendredi, près de 26 procureurs se feront entendre. Trois plaidoiries ont été présentées lundi: celles, dans l'ordre, des avocats de Gilles-André Gosselin, Jean Brault et Luc Lemay.
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Pierre Leduc, qui représente Gilles-André Gosselin, a mis l'accent sur le côté émotif de son client. Me Leduc a cherché à justifier les nombreuses heures de travail facturées au gouvernement dans le cadre du programme de commandites. Le procureur est revenu sur le cas de l'Information essentielle, compagnie à laquelle M. Gosselin a simplement transmis un chèque, ce qui lui a permis de toucher une rémunération substantielle, selon ce qui a été mis en preuve. L'avocat a avancé que c'est le gouvernement qui voulait que les choses se fassent de cette façon et que c'est lui qui est responsable s'il y a eu des abus.
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Pour sa part, Harvey Yarosky, avocat de Jean Brault, a fait ressortir la franchise de son client. Il affirme que l'ancien président de Groupaction a assumé ses responsabilités, en révélant à la Commission qu'il avait donné plus d'un million de dollars en commissions dans le but d'obtenir des contrats de commandites. Il a ajouté que plusieurs témoins crédibles, dont les anciens directeurs généraux de la section québécoise du Parti libéral du Canada, Michel Béliveau et Daniel Dezainde, avaient corroboré les déclarations faites à la commission par le président de Groupaction. Me Yarosky qualifie la contribution de Jean Brault à la commission de positive et utile.
 . | | Louis Bélanger . |
Louis Bélanger, représentant Luc Lemay, de la firme Polygone, impliqué dans les Salons de plein air, affirme que son client ignorait l'existence du programme de commandites et qu'il n'a fait que répondre à l'offre qu'on lui a présentée sur un plateau d'argent. C'est Jacques Corriveau, un ami de Jean Chrétien, qui aurait approché Luc Lemay avec des commandites évaluées à plusieurs millions de dollars. Me Bélanger a conclu en disant souhaiter que la commission ne concluera pas que son client a fauté, même si c'est lui qui a empoché la plus grande partie des sommes destinées aux commandites, soit quelque 40 millions de dollars. Trois autres témoins devaient être entendus lundi, mais Jean Lafleur a finalement décidé de ne pas présenter de plaidoirie, Jacques Corriveau a choisi de plaider par écrit et Paul Coffin témoignera mardi. L'avocat d'André Ouellet sera aussi entendu mardi. Documents En matinée, le juge Gomery a ordonné à l'ancien ministre des Travaux publics Alfonso Gagliano de mettre à la disposition des procureurs de la commission des boîtes de documents actuellement entreposées dans le sous-sol de sa maison.
La commission a appris l'existence de ces documents lors de la dernière comparution de l'ancien ministre. Pierre Fournier, l'avocat de M. Gagliano, refusait d'autoriser la commission à examiner les documents, parmi lesquels des échanges de correspondance, par crainte de voir le ministère fédéral de la Justice les utiliser contre lui. Me Fournier met en garde le commissaire contre toute éventuelle perquisition qu'il qualifie d'abusive. Questions
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Le juge Gomery a dressé une liste de questions auxquelles il veut que les avocats répondent. Il veut notamment savoir qui a élaboré le programme des commandites, qui l'administrait et qui devait rendre des comptes sur le programme, et à qui. Le juge Gomery voudrait aussi savoir s'il y a eu intervention politique de la part du premier ministre Jean Chrétien et de son ministre des Travaux publics de l'époque, Alfonso Gagliano. Le commissaire veut aussi établir si une partie des fonds publics, par le biais des agences, a servi à financer le Parti libéral du Canada ainsi que l'aile québécoise du PLC. Une fois les plaidoiries terminées, le juge Gomery doit ensuite se retirer pour rédiger son rapport préliminaire, qui doit être déposé au plus tard le 1er novembre. Un autre rapport comportant une série de recommandations doit être remis au gouvernement Martin avant la fin de l'année.
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