Mise à jour le vendredi 3 juin 2005 à 10 h 11

Fin des témoignages à la commission Gomery

Les audiences publiques prennent fin avec l'ultime témoignage d'Alfonso Gagliano. L'ancien ministre des Travaux publics accuse l'avocat du gouvernement fédéral d'insulter la communauté italienne.

L'ancien ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, a comparu pour une deuxième fois, jeudi, devant la commission Gomery, à sa demande, non sans se faire rappeler à l'ordre par le juge Gomery.

Alfonso Gagliano est venu répéter qu'il n'avait jamais sanctionné le système d'argent sale des commandites vers le Parti libéral du Canada (PLC). Il a également nié être intervenu personnellement dans les demandes de commandites.

Des souverainistes dans la communauté italienne


Extrait vidéo
Emmanuelle Latraverse raconte le dernier chapitre des audiences publiques.
Extrait audio
Louiselle Lévesque raconte qu'Alfonso Gagliano s'est battu pour ne pas être taillé en pièces dans le rapport du juge Gomery.

Après avoir reconnu que les objectifs officiels du programme étaient de favoriser l'unité canadienne et de combattre les forces souverainistes, l'ancien ministre qui en était responsable a dû justifier l'attribution de commandites à des organismes de sa circonscription de Saint-Léonard, majoritairement fédéraliste.

« L'Ordre des fils d'Italie au Canada est-il reconnu pour avoir beaucoup de souverainistes dans ses rangs? » a demandé Me Sylvain Lussier, avocat du gouvernement fédéral. « Même dans la communauté italienne, il y a des souverainistes », a rétorqué le témoin.

Dressant la liste des commandites accordées dans Saint-Léonard, dont plusieurs à des organismes italo-canadiens, l'avocat a alors demandé à M. Gagliano si la circonscription du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait bénéficié d'autant de commandites. Le témoin s'est fâché.

« Même si elle votait à 100 % séparatiste, Saint-Léonard, comme la communauté italienne, aurait droit aux mêmes services, aux mêmes programmes que tous les Canadiens. [...] Depuis deux mois, vous insultez toute la communauté italienne, et vous le faites encore aujourd'hui. »

Le commissaire Gomery a alors demandé au témoin s'il savait qu'il y avait davantage de souverainistes dans Laurier-Sainte-Marie, la circonscription de M. Duceppe, que dans Saint-Léonard. « Je crois qu'il y a eu beaucoup de commandites dans le comté de M. Duceppe », a répondu le témoin.

Par la suite, Me Lussier a invoqué une commandite pour la visite du premier ministre Jean Chrétien dans un petit village en Italie. Malgré un mémo qui indiquait que l'événement n'entrait pas dans les conditions d'admissibilité au programme des commandites, le témoin a maintenu qu'Ottawa avait obtenu de la visibilité au pays.

Plus tôt, M. Gagliano a admis être intervenu en faveur de son ami Antonio Mignacca pour un poste à la Société immobilière du Canada. Il a reconnu qu'une telle recommandation d'un ministre peut facilement être perçue comme une directive.

Les directives de Gomery


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Le commissaire John Gomery
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À l'issue du témoignage de M. Gagliano, le juge Gomery a soumis la liste des enjeux et des questions auxquelles il désire voir les parties répondre dans leurs plaidoiries.

Le commissaire veut notamment savoir qui a mis au monde le programme des commandites, s'il y a eu des interventions politiques de MM. Chrétien et Gagliano dans son administration et si une partie des fonds publics a servi à financer l'aile québécoise du PLC par le truchement des agences.

En outre, il veut savoir si les agences de publicité ont rempli leurs obligations contractuelles et si la vérification interne, la surveillance et la reddition de comptes ont été menées avec toute la rigueur voulue au sein de la fonction publique.

M. Gomery a tenu à remercier tout son personnel. Il a aussi jugé que les représentants des médias avaient eu un traitement relativement tendre à son égard.



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