 Gomery rejette la requête de ChrétienTandis que l'ancien premier ministre voulait écarter les procureurs de la rédaction, le juge Gomery fait valoir qu'il sera le seul et unique auteur du rapport de la commission. Le juge John Gomery a rendu une décision sans équivoque, jeudi, en rejetant la requête de l'ancien premier ministre Jean Chrétien concernant le rôle des procureurs de la commission d'enquête sur le programme des commandites dans la rédaction du rapport. Les avocats de Jean Chrétien demandaient que le juge Gomery soit le seul auteur du rapport, écartant ainsi les trois procureurs de la commission. Ils faisaient valoir que seulement 480 000 des 29 millions de pages transmises par les diverses parties au dossier, dont le gouvernement fédéral, ont été remises aux participants des travaux. Mais les procureurs de la commission ont pris connaissance de la totalité des informations. Selon M. Chrétien, en raison de cette situation, les trois procureurs de la commission connaissent des éléments que les autres ignorent, dont certains détails qui n'ont pas fait l'objet de contre-interrogatoires. Il dit craindre que ses droits fondamentaux soient violés. Le juge Gomery a balayé les arguments de l'ancien premier ministre. Il a fait valoir qu'il serait le seul et unique auteur de son rapport, dont la version préliminaire est attendue à l'automne, comme il a fait pour tous ses jugements au cours de sa carrière de 20 ans. Il a indiqué qu'il ne pourrait jamais être influencé par des éléments qui n'ont pas été invoqués devant lui lors des audiences. « Les avocats sont là pour présenter des éléments de preuve, et il appartient au commissaire de faire ce qu'il juge bon de ces éléments de preuve. » Selon lui, les procureurs n'ont pas le rôle de défendre la commission ou des prises de position, ils cherchent les faits. Mais ils seront, dit-il, d'une grande aide lorsqu'il sera à la recherche d'informations précises. Me Reynold Langlois a présenté les arguments des procureurs de la commission lors du débat, les procureurs ayant décidé de se retirer pour l'audition de la requête. Fausse alerte à la bombe En matinée, les travaux de la commission Gomery ont été suspendus en raison d'une alerte à la bombe. Les policiers ont évacué le Complexe Guy-Favreau, à Montréal, où se tiennent les audiences, par mesure de précaution. Un appel anonyme a affirmé qu'une bombe exploserait à 12 h. Après inspection, les autorités n'ont rien trouvé dans l'immeuble.
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