Mise à jour le mardi 31 mai 2005 à 8 h 34

Corriveau revient sur son premier témoignage

Même s'il admet avoir reçu des commissions sur les contrats de commandites, l'ancien président de PluriDesign qualifie ces versements d'honoraires, et pas de ristournes.

Au deuxième jour de son second témoignage devant la commission Gomery, l'ancien président de PluriDesign, Jacques Corriveau, a mis la patience de la commission Gomery à rude épreuve, lundi.

Dans son premier témoignage à la mi-avril, M. Corriveau a admis avoir gagné plus de 6 millions de dollars grâce au programme des commandites, en recevant un pourcentage des commissions des agences de publicité. Il a notamment reconnu avoir reçu des commissions sur les contrats de commandites de Groupe Polygone et sur les commissions perçues par Groupaction.

Lundi, M. Corriveau a refusé de qualifier de ristournes le paiement de ses services de démarchage pour les entreprises de Luc Lemay et de Jean Brault. Il maintient qu'il s'agissait d'honoraires pour ses services de démarchage et pour ses services conseils, même s'il a admis n'avoir effectué pratiquement aucun travail dans la plupart des dossiers concernés.

Le juge Gomery est intervenu pour tenter de faire admettre au témoin qu'il a reçu des commissions, ce qui diffère d'honoraires versés en fonction d'une charge de travail.


Extrait vidéo
Catherine Kovacs rapporte que Jacques Corriveau reste fidèle à lui-même.
Extrait audio
Louiselle Lévesque affirme que le témoin a été poussé dans ses derniers retranchements.

M. Corriveau a refusé d'admettre l'interprétation du juge, maintenant qu'il s'agissait bel et bien d'honoraires. « C'est ma perception », a-t-il affirmé à trois reprises.

Il n'a toutefois pas été en mesure de décrire le travail qu'il a effectué pour recevoir les quelque 6 millions de dollars obtenus dans le cadre du programme de commandites.

En outre, le procureur de la commission, Me Bernard Roy, a démontré que PluriDesign avait effectué pour environ 100 000 $ de travaux pour le Parti libéral du Canada (PLC) lors de son congrès en 2002, mais n'a facturé que la moitié de ce travail. M. Corriveau a qualifié le tout d'erreur comptable et s'est engagé à remettre la documentation pertinente à la commission.

Plus tôt, M. Corriveau est revenu sur sa rencontre de 2001 avec l'ancien directeur général du PLC-Québec, Daniel Dezainde. Tout en niant l'ensemble du témoignage de M. Dezainde sur ce sujet, il a affirmé ne pas se souvenir de la teneur de cette rencontre.

Il s'est borné à raconter que la rencontre devait sans doute porter sur les problèmes financiers du PLC. « Dans la vie, il est plus facile de retenir les grandes choses que les petites », a-t-il lancé. M. Corriveau a de nouveau invoqué des problèmes de mémoire consécutifs à une intervention chirurgicale subie en novembre dernier.



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