 Corriveau accuse Béliveau et Dezainde d'avoir mentiL'ancien président de PluriDesign nie avoir donné 300 000 $ au PLC pour sa campagne au Québec, et réfute les allégations concernant un système de ristournes sur les commissions des agences de publicité. De retour devant la commission Gomery pour une seconde comparution, l'ex-président de l'agence PluriDesign, Jacques Corriveau, a accusé deux anciens dirigeants de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada (PLC), Michel Béliveau et Daniel Dezainde, d'avoir menti à son endroit. M. Béliveau a été président du PLC-Québec de 1996 à 1998 et organisateur de Jean Chrétien dans la circonscription de Saint-Maurice. Dans son témoignage, il a affirmé avoir reçu une somme de 250 000 $ à 300 000 $ de l'homme d'affaires pour aider la campagne libérale dans les circonscriptions « orphelines », c'est-à-dire représentées par le Bloc québécois. Il a précisé qu'une partie de cette somme, soit entre 75 000 $ et 100 000 $, se trouvait dans une enveloppe, en coupures de 100 $ et de 20 $. Une partie de la somme serait allée à Marc-Yvan Côté, un autre organisateur libéral.
M. Corriveau, un ami proche de Jean Chrétien, a qualifié ces allégations de « fabulation ». « Toutes les allégations de M. Béliveau à mon endroit sont totalement fausses », a-t-il martelé. L'homme d'affaires a aussi nié les affirmations de Daniel Dezainde, directeur général du PLC-Québec de 2001 à 2003. Celui-ci affirmait que M. Corriveau lui a confié, lors d'une rencontre à la taverne Magnan, avoir monté un système de financement du parti à partir de ristournes par lequel il prélevait une commission sur les contrats accordés aux agences de publicité. M. Corriveau aurait ajouté qu'il gardait un pourcentage de ces commissions pour ses frais et qu'il mettait ce qui restait à la disposition du PLC. L'homme d'affaires nie ces allégations en bloc. Dans son premier témoignage à la mi-avril, M. Corriveau a admis avoir gagné plus de 6 millions de dollars grâce au programme des commandites. Il a aussi contredit les affirmations de l'ancien président de Groupaction, Jean Brault, selon lequel il a exigé des sommes d'argent destinées au PLC. Goodale voulait faire le ménage Plus tôt, deux anciens ministres des Travaux publics ont témoigné devant la commission. Don Boudria et Ralph Goodale, actuel ministre des Finances du Canada, ont successivement pris la relève d'Alfonso Gagliano à la tête du ministère responsable du programme des commandites.
 . | | Ralph Goodale a été ministre des Travaux publics de mai 2002 à décembre 2003. . |
M. Goodale a raconté que le premier ministre Jean Chrétien lui a demandé d'aller aux Travaux publics en mai 2002 pour corriger les problèmes constatés dans le programme de commandites. Il a alors pris la relève de Don Boudria. M. Goodale dit avoir été mis au courant du problème par les questions de l'opposition bloquiste aux Communes, alors qu'il était leader du gouvernement. Il a constaté avec surprise que le programme était administré par des agences de publicité, une situation qu'il estimait inappropriée. Le ministre a décidé de geler le programme de commandites jusqu'à la fin de juillet 2002, tout en honorant les engagements écrits conclus avant la mise en place du gel. Pas de passe-droit pour Chrétien Pendant l'été, M. Goodale a raconté que Jean Chrétien s'était informé sur une commandite qui n'avait pas été livrée à un festival dans sa circonscription de Shawinigan, plaçant l'événement en péril. Le ministre lui a répondu que cet événement n'avait pas reçu d'engagement écrit et qu'il ne ferait pas d'exception pour lui. Au même moment, M. Goodale affirme aussi qu'il a ouvert tous les livres et facilité les enquêtes de la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il a reconnu que les enquêtes internes n'ont mené qu'à une réprimande verbale envers une seule personne. Le programme avait été réinstauré en juillet 2002 avec de nouvelles règles et administré à l'interne, au ministère. Une nouvelle version du programme, désormais réservé aux organismes à but non-lucratif, a ensuite été implantée en 2003. M. Goodale a admis que la plupart de ces mesures découlaient des travaux de la vérificatrice générale, qui a référé plusieurs contrats litigieux à la GRC. À l'arrivée de M. Goodale au ministère des Finances, en décembre 2003, le successeur de Jean Chrétien, Paul Martin, venait d'abolir le programme. La vérificatrice générale a publié son rapport en février 2004, mais le document était rédigé depuis novembre 2003. Boudria rappelle les faits
 . | | Don Boudria a été ministre des Travaux publics de janvier à mai 2002. . |
M. Boudria, à la tête des Travaux publics de janvier à mai 2002, a raconté avoir pris connaissance de problèmes avec le programme de commandites à la suite d'une requête d'accès à l'information d'un journaliste pour un document impliquant Groupaction. Il s'agissait des trois rapports quasi identiques remis par l'agence de publicité, d'une valeur totale de 1 625 000 $. Le 18 mars 2002, M. Boudria a fait appel à la vérificatrice générale pour qu'elle enquête sur les trois rapports. Six semaines plus tard, le 6 mai 2002, Sheila Fraser lui remettait un rapport dans lequel elle concluait que les fonctionnaires avaient manifestement enfreint les règles dans l'attribution des contrats. Elle prévenait aussi M. Boudria qu'elle avait transmis le dossier à la GRC. M. Boudria a tenu à défendre les actions qu'il a entreprises pour améliorer le programme, notamment en ce qui a trait au choix des événements à commanditer. Au chalet de Claude Boulay Le procureur de la commission, Me Bernard Roy, est aussi revenu sur le week-end passé par M. Boudria dans la résidence de Claude Boulay, président du Groupe Everest, en mars 2002, ce qui lui a coûté son poste. L'ancien ministre a rappelé que son fils avait loué le chalet à Magog, et qu'il avait réglé la note. M. Boudria a précisé qu'il ignorait jusqu'à la journée de son arrivée que M. Boulay était PDG d'Everest, même s'il savait que la firme faisait affaire avec le gouvernement fédéral. M. Boudria a répété qu'il a fait une erreur en passant un week-end chez M. Boulay. Cette affaire l'a forcé à démissionner de son poste de ministre des Travaux publics en mai 2002, à peine quatre mois après sa nomination. Le commissaire à l'éthique l'a blanchi dans un rapport.
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