 Morselli tente de minimiser son rôleDans un témoignage haut en couleur, l'ancien organisateur d'Alfonso Gagliano maintient qu'il ne sollicitait aucun don et se défend des allégations d'autres témoins devant la commission Gomery. Giuseppe Morselli, organisateur et ami proche d'Alfonso Gagliano, a commencé son témoignage devant la commission Gomery, jeudi matin, se faisant même rabrouer par le juge. Celui que d'autres témoins ont décrit comme le « parrain » de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada s'est présenté à la barre sans avocat. D'entrée de jeu, il a demandé au juge Gomery le droit de faire une déclaration à l'issue de son témoignage puisqu'il n'est pas représenté. Le commissaire a acquiescé à la demande, pourvu que ce soit pertinent aux travaux de la commission.
M. Morselli, arrivé au Canada au début des années 60, a aussi tenu à préciser qu'il est originaire de la région de Venise, dans le nord-est de l'Italie, et non de la Sicile. Une allusion aux mauvaises langues qui l'ont décrit comme un « parrain ». Le témoin a raconté qu'il avait connu Alfonso Gagliano au début des années 70, alors que les deux oeuvraient au sein des comités de parents de la Commission scolaire Jérôme-LeRoyer. Au début des années 80, M. Morselli était devenu commissaire, et M. Gagliano présidait la commission scolaire. M. Morselli a ensuite expliqué qu'il avait oeuvré auprès de M. Gagliano lors de son entrée en politique, lors des élections de 1984, et qu'il s'occupait d'organisation et de financement. Il a fait de même lors de l'élection de 1988. En revanche, M. Morselli affirme n'avoir jamais participé à la campagne de 1993. Pas de sollicitation de fonds Le procureur de la commission, Guy Cournoyer, a demandé à plusieurs reprises au témoin de décrire à quel point il était impliqué dans le financement du PLC-Québec. Comme dans l'entrevue accordée la semaine dernière à CBC, M. Morselli a maintenu qu'il n'avait jamais tenu de rôle à cet égard. Il a raconté avoir commencé son travail au PLC-Québec en octobre 2000, au sein d'un comité ad hoc d'une vingtaine de personnes. Des élections fédérales anticipées allaient être déclenchées le mois suivant, et l'argent manquait dans la caisse du PLC.
 . | | Alfonso Gagliano (archives) . |
Son ami Gagliano lui a demandé de donner un coup de main. M. Morselli dit avoir participé à la vente de billets de plusieurs cocktails en cinq semaines. À peu près toutes les agences de communication étaient représentées au comité, dont Groupe Everest (Diane Deslauriers), Groupaction (Alain Renaud), Allard & Johnson (Serge Miousse), Lafleur Communications (Jean Lafleur) et PluriDesign (Jacques Corriveau). Quelques semaines plus tard, M. Morselli se retrouvait au Comité des finances du PLC-Québec. Sous l'insistance du juge Gomery, le témoin a admis que c'est M. Gagliano qui lui avait « probablement » demandé d'en faire partie. Dans son travail, il rencontrait notamment des présidents d'agences de publicité, comme Claude Boulay, Jean Brault, Jean Lafleur et Jacques Corriveau. Mais M. Morselli maintient qu'il ne faisait pas de sollicitation de fonds, se bornant à rappeler aux hommes d'affaires que le PLC a des dettes. Le juge Gomery a tenu à lui rappeler que la sollicitation de contributions politiques n'était pas illégale, mais M. Morselli a refusé de qualifier son travail de cette façon. Le PLQ en exemple En outre, M. Morselli a admis avoir été membre de la commission des finances du Parti libéral du Québec (PLQ) pendant une dizaine d'années à partir de 1985. Son rôle, dit-il, était d'élaborer des moyens de collecter de l'argent pour le Parti, et de contrôler les activités de différentes circonscriptions pour mesurer s'ils ont atteint leurs objectifs.
 . | | Beryl Wajsman lors de son témoignage . |
Le témoin soutient avoir cherché à implanter les méthodes utilisées par le PLQ en embauchant Beryl Wasjman pour s'occuper de financement plutôt que de compter uniquement sur des bénévoles. En 2001, M. Wasjman a été congédié par le directeur général du PLC-Québec à l'époque, Daniel Dezainde, lors de son entrée en fonction. M. Dezainde a raconté que M. Morselli l'a menacé s'il ne réengageait pas M. Wajsman. Nommé vice-président par une carte En 2001, M. Morselli a distribué des cartes professionnelles qui le présentaient comme le vice-président des finances du PLC. Le témoin a admis candidement que ce poste n'existait pas. « Peut-être bénévole par excellence », a-t-il lancé. Selon lui, il n'a pas choisi ce titre, mais il soupçonne le directeur général du PLC-Québec à l'époque, Benoît Corbeil, de le lui avoir imposé. M. Morselli estime que c'est l'impression sur la carte qui l'a nommé vice-président. Il a précisé que le successeur de M. Corbeil, Daniel Dezainde, qui s'interrogeait sur ce titre à son arrivée en 2001, est entré en poste quatre mois après l'émission de la carte. Un groupe parallèle, selon Dezainde Lors de son témoignage, M. Dezainde, a affirmé que M. Morselli dirigeait un groupe parallèle de financement occulte. Il a aussi affirmé avoir reçu des menaces de M. Morselli lorsqu'il a voulu faire le ménage dans les finances du PLC. Selon Jean Brault, M. Morselli a aussi exigé beaucoup d'argent liquide en échange de faveurs politiques. L'ancien président de Groupaction affirme avoir offert 100 000 $ à M. Morselli à l'été 2001 pour assurer l'attribution d'un contrat de publicité du fédéral à son agence de publicité.
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