Mise à jour le mardi 24 mai 2005 à 22 h 48

Paul Coffin pourrait plaider coupable

La Couronne et la défense s'entendent pour revenir devant le tribunal le 31 mai. Le procès de l'ancien président de Coffin Communications doit s'ouvrir une semaine plus tard.

L'ancien président de Coffin Communications, Paul Coffin, pourrait plaider coupable à un nombre indéterminé de chefs d'accusation de fraude lors de sa comparution, le 31 mai prochain.

M. Coffin se trouvait au palais de justice de Montréal, mardi matin, pour une étape intermédiaire à son procès. Sans l'affirmer formellement, le procureur de la Couronne, François Drolet, a laissé entendre que l'accusé pourrait enregistrer un plaidoyer de culpabilité.

La Couronne et la défense se sont entendues pour revenir devant le tribunal le 31 mai. Il sera alors question de la mise en accusation et d'un plaidoyer.


Extrait vidéo
Isabelle Richer fait le compte rendu.

On ignore si la Couronne et la défense se sont entendues sur un plaidoyer de culpabilité et, le cas échéant, si l'entente concerne l'ensemble des chefs d'accusation ou un nombre réduit. Les deux parties ont tenu deux conférences téléphoniques au cours des dernières semaines.

S'il n'y a pas d'accord, le procès de M. Coffin s'ouvrira comme prévu une semaine plus tard, le 6 juin prochain.

La firme de publicité de M. Coffin a reçu environ 8 millions de dollars de contrats de commandites du ministère des Travaux publics, ce qui lui a permis d'obtenir des revenus de 2,7 millions.

M. Coffin fait face à 18 chefs d'accusation pour fraude relativement à ces contrats.

En outre, M. Coffin et son entreprise sont poursuivis au civil par Ottawa, qui cherche à récupérer 41 millions de dollars ayant transité par le programme de commandites.

Des coûts de production artificiels


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Dans son témoignage devant la commission Gomery, M. Coffin a admis que la plus grande partie de ses revenus de 2,7 millions était basée sur de fausses factures réclamées par le haut fonctionnaire responsable du programme de commandites, Charles Guité.

Selon M. Coffin, M. Guité et son adjointe, Huguette Tremblay, s'organisaient pour que les coûts de production des projets se rapprochent le plus possible des budgets prévus, grâce à des frais de production préétablis qu'ils réglaient, que le travail ait été fait ou non.

Il a affirmé que M. Guité lui avait demandé de facturer des heures de travail même si Coffin Communications ne tenait pas de registre du temps travaillé par ses employés. M. Coffin a précisé que le rôle de Mme Tremblay consistait à le presser de lui faire parvenir des factures à la fin de chaque année financière, pour que ses coûts correspondent au budget prévu.

En outre, M. Coffin a aussi affirmé qu'il avait reçu plus de 86 000 $ pour faire transiter un contrat de plusieurs centaines de milliers de dollars destiné à l'agence BCP dans une campagne de promotion sur la clarté référendaire.

Il a précisé que Pierre Tremblay, qui a succédé à Charles Guité à la tête du programme de commandites, lui avait demandé de servir de paravent pour la campagne de promotion préparée par BCP. Le projet, baptisé « Lumière », a coûté 600 000 $ puisés dans le fonds pour l'unité canadienne.

Le président de BPC, John Parisella, a nié avoir travaillé avec Coffin. L'ancien chef de cabinet de Robert Bourassa dit qu'il a plutôt travaillé pour la firme Éminence grise, et qu'il n'a jamais eu de lien avec Coffin Communications.

Coffin Communication a aussi servi de courroie de transmission pour une campagne de publicité de plusieurs millions sur les soins de santé. En 2000, le Bureau du Conseil privé voulait retenir les services de l'agence Gingko, mais la firme de Toronto n'était pas accréditée.

Pour contourner les règles d'attribution, Travaux publics a utilisé Coffin Communications comme intermédiaire, ce qui a permis à l'agence d'encaisser près de 160 000 $ sans effectuer de travail.



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