 Commandites : Benoît Corbeil fait des vaguesL'ancien directeur général du PLC-Québec, qui est contre-interrogé ce matin, a admis hier avoir reçu 50 000 $ de Jean Brault. Il cite neuf travailleurs d'élections qui auraient empoché cet argent. L'ancien directeur général de la section québécoise du Parti libéral du Canada, Benoît Corbeil, a commencé son témoignage devant la commission Gomery, lundi. Tel que promis, il a fait des révélations étonnantes. Il a d'abord nié les déclarations de Michel Béliveau, son prédécesseur à la tête du PLC-Québec, selon lesquelles il aurait reçu une enveloppe contenant « entre 75 000 et 100 000 $ » en coupures de 100 $ et de 20 $. Selon M. Béliveau, cet argent était destiné à l'organisation de la campagne libérale dans les irconscriptions « orphelines », c'est-à-dire représentées par un député du Bloc québécois, lors des élections de 1997. En revanche, M. Corbeil a affirmé avoir reçu deux enveloppes, contenant respectivement 5000 $ et 4000 $, destinées aux circonscriptions de Bourassa et Anjou. Le candidat libéral dans Bourassa était Denis Coderre, tandis que celui dans Anjou était Yvon Charbonneau. M. Corbeil a aussi témoigné qu'au moment de son arrivée à la direction générale du PLC-Québec, le parti devait de 275 000 $ à 300 000 $ à Revenu Québec et Revenu Canada pour une question de perception de la TPS et de la TVQ. Le parti a remboursé cette créance à même sa marge de crédit. 50 000 $ de Jean Brault
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M. Corbeil a aussi admis avoir reçu 50 000 $ de Jean Brault, président de Groupaction, au début d'octobre 2000. Il était entré en contact avec lui par l'entremise de Jean-Marc Bard, chef de cabinet d'Alfonso Gagliano. Les paiements ont été effectués en argent comptant, dans des enveloppes jaunes. Une enveloppe contenait 35 000 $, l'autre les 15 000 $ restants. M. Corbeil dit avoir utilisé l'argent pour payer les travailleurs d'élections qui menaçaient de se retirer s'ils n'étaient pas payés.
Il aurait versé : 3000 $ à Daniel Dezainde, attaché de presse du ministre Jacques Saada;2000 $ à une amie de M. Dezainde;5000 $ à Luc Desbiens;6000 $ à Pierre Lesieur;6000 $ à Claude Lemieux, directeur de la députation au cabinet de Jean Charest;2000 $ à Michel Joncas, président de la Commission de l'organisation du PLC national;15 000 $ à Bruno Lortie, chef de cabinet de la ministre des Affaires municipales du Québec Nathalie Normandeau;5000 $ à Irène Marcheterre, directrice des communications du ministre des Transports Jean Lapierre et6000 $ à Richard Mimeau.Selon M. Corbeil, Groupaction a versé un autre montant de 50 000 $ pour payer les travailleurs d'élections. Cette somme aurait transité par l'agence Commando Communications, de Québec, qui appartenait à Groupaction. Sommé de se rétracter
À peine quelques heures après ces révélations, trois des travailleurs d'élections cités par M. Corbeil lui ont transmis une mise en demeure réclamant le retrait de ses déclarations. Son avocat, Me Guy Bertrand, a lu le texte de la mise en demeure devant la commission Gomery. Irène Marcheterre, directrice des communications du ministre des Transports Jean Lapierre, Luc Desbiens et Richard Mimeau qualifient les affirmations de Benoît Corbeil de « fausses, vexatoires et diffamatoires » et lui enjoignent de les retirer d'ici 24 heures, à défaut de quoi ils se proposent de lui réclamer des dommages et intérêts. Le juge Gomery est intervenu pour dire qu'une mise en demeure n'était pas nécessairement la procédure indiquée dans les circonstances. Il a invité les signataires de la mise en demeure à se présenter plutôt devant la commission sur les commandites pour donner leur version des faits.
 . | | Jean Lapierre . |
Aux Communes, le ministre Lapierre a pris la défense de Mme Marcheterre et des autres attachés politiques mentionnés par M. Corbeil. Il a affirmé que les attachés politiques niaient catégoriquement les allégations de M. Corbeil et qu'ils se proposaient de saisir un avocat de l'affaire. En outre, Claude Lemieux veut témoigner à la commission pour réfuter les allégations de M. Corbeil.
Il nie formellement avoir reçu illégalement 6000 $, alors qu'il travaillait pour le compte du Parti libéral du Canada (PLC), en 2000, contrairement à ce que prétend M. Corbeil. Benoît Lortie, un autre attaché politique du gouvernement Charest à titre de directeur de cabinet de la ministre des Affaires municipales, nie aussi avoir encaissé 15 000 $. Il se dit prêt à témoigner à la commission, s'il est convoqué. Tentatives d'intimidation?
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Le témoignage de M. Corbeil a aussi pris une tournure inattendue lorsqu'il a fait état d'appels reçus au cours des dernières semaines. D'abord, l'ancien ministre Alfonso Gagliano l'aurait appelé, il y a trois semaines, pour lui demander pourquoi il avait choisi Guy Bertrand comme avocat, puisqu'il ne s'agissait pas d'une cause mettant en cause des souverainistes et la Loi 101. M. Corbeil s'est dit étonné que M. Gagliano soit informé qu'il avait choisi Guy Bertrand, puisqu'il n'en avait encore parlé à personne. L'ancien ministre des Travaux publics lui aurait dit que s'il mettait en cause la commission électorale du parti, il se mettrait tout le monde à dos et sa réputation en souffrirait.
En outre, M. Corbeil a dit avoir reçu un autre appel, d'une personne non identifiée, qui lui aurait demandé pourquoi il avait tenu certains propos concernant la nomination des juges et « où il s'en allait avec ça ». L'interlocuteur l'aurait prévenu que sa réputation risquait de souffrir de ses propos. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, Benoît Corbeil a affirmé qu'il existait au PLC un groupe de personnes qui contrôlait tout, des subventions à distribuer à la nomination des juges.
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