 Commandites: Michel Béliveau poursuit son témoignageL'ancien président de la section québécoise du PLC a affirmé, jeudi, qu'il avait reçu de 250 000 $ à 300 000 $ de l'homme d'affaires Jacques Corriveau pour financer la campagne de 1997. Il poursuit son témoignage aujourd'hui. Un organisateur libéral de longue date a déclaré à la commission Gomery qu'il avait reçu de 250 000 $ à 300 000 $ de la part de l'homme d'affaires Jacques Corriveau, ancien président de la firme PluriDesign et ami de l'ex-premier ministre Jean Chrétien. Devant la commission Gomery, Michel Béliveau a déclaré qu'il avait demandé et obtenu de M. Corriveau une somme de 250 000 $ à 300 000 $ pour le financement des activités du Parti libéral du Canada au Québec.
M. Béliveau, qui a été président de l'aile québécoise du PLC de 1996 à 1998 et organisateur de Jean Chrétien dans la circonscription de Saint-Maurice, a précisé qu'il avait reçu une partie de cette somme, soit entre 75 000 $ et 100 000 $ dans une enveloppe, en coupures de 100 $ et de 20 $. Selon le témoin, c'est Marc-Yvan Côté, autre organisateur libéral, qui aurait reçu le reste de l'argent, soit quelque 200 000 $. Cet argent était destiné à la campagne de 1997 dans les comtés « orphelins », selon le terme employé par M. Béliveau, c'est-à-dire ceux qui n'étaient pas représentés par un député libéral. Il faut se rappeler qu'aux élections précédentes, en 1993, le Bloc québécois avait fait élire 54 députés au Québec.
 . | | Michel Béliveau a éclaté en sanglots à la fin de son témoignage . |
Lors de son passage devant la commission Gomery, Jacques Corriveau a affirmé qu'il n'avait fait aucun versement irrégulier d'argent au Parti libéral. Michel Béliveau a aussi déclaré qu'il avait obtenu une somme de 50 000 $ et une autre de 63 000 $ de l'agence de publicité Groupaction de Jean Brault. À cela, il faut ajouter deux versements reçus pour rembourser les dépenses d'un commerçant de la circonscription de Louis-Hébert à Québec (8000 $) et celles d'un organisateur de Saint-Maurice (7000 $ ou 8000 $). M. Béliveau a déclaré qu'il estimait avoir fait une erreur de jugement en procédant ainsi, mais qu'il assumait la responsabilité de son geste. Il a affirmé que les instances du parti, incluant le premier ministre de l'époque Jean Chrétien, n'étaient absolument pas au courant de ces versements d'argent. Il a d'ailleurs ajouté qu'il avait prévenu M. Chrétien qu'il allait témoigner devant la commission. L'ancien premier ministre lui aurait simplement répondu de dire la vérité. Primeur du Globe & Mail Tout juste avant le début du témoignage de Michel Béliveau, l'avocat de ce dernier a déploré la publication, par le quotidien Globe & Mail, de l'essentiel des propos du témoin. Ces propos étaient résumés dans un document destiné à faciliter le travail des différentes parties impliquées et qui est en principe confidentiel. Le juge Gomery a dit regretter la publication de ces notes, en soulignant qu'elle obligerait la commission à revoir ses règles de fonctionnement de façon à éviter d'autres incidents du genre.
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