 Charles Guité renvoie la balle aux politiciensDevant la commission Gomery, l'ancien directeur du programme de commandites accuse des ministres et des membres du bureau de l'ancien premier ministre Jean Chrétien d'avoir usé de leur influence pour choisir des firmes de publicité. L'ancien directeur du programme de commandites, Charles Guité, refuse de prendre le blâme pour le gâchis qu'est devenu ce programme. Guité montre plutôt du doigt la classe politique. Il accuse des ministres, ainsi que des membres du bureau de l'ancien premier ministre Jean Chrétien d'avoir usé de leur influence pour choisir telle firme de publicité ou telle autre.
« De l'autre côté de la clôture, personne n'était impliqué dans les commandites? Tout était fait par Charles Guité? Je suis désolé, telle n'était pas la situation », a-t-il fait valoir devant la commission Gomery. « Si je suis incapable de vous donner des dates exactes ou encore ce qui a été exactement discuté et avec qui, je vais toujours maintenir que ces évènements, ces décisions et ces consultations ont été faites avec le bureau du ministre (Gagliano) et avec le bureau du premier ministre », a ajouté M. Guité. Si de l'argent a été perdu, a-t-il poursuivi, c'est que la publicité et les commandites sont le prolongement de la politique. Et plus souvent qu'autrement, ce sont les ministres qui décident du choix des agences.
Ce sont ces mêmes agences qui aident les politiciens à remporter leurs élections. Et c'est précisément pour cela qu'il a été décidé, en 1995, de continuer à exclure les coûts dans les critères pour choisir une agence ou une autre. Le juge John Gomery a fait remarquer qu'à son avis, c'était là une des raisons fondamentales qui expliquent le gâchis du programme. L'agence BCP mise en cause
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Au cours de son témoignage de cinq jours, M. Guité a raconté qu'en 1994, après la victoire des libéraux, la firme de publicité torontoise Vickers and Benson avait remporté le concours public et obtenu le très gros contrat de 60 millions de Tourisme Canada. Le bureau du premier ministre l'a alors informé qu'Yves Gougoux, le président de la firme montréalaise BCP, un proche de Jean Chrétien, était furieux. Le bureau du premier ministre, raconte Guité, lui a demandé de diviser le gros contrat de Tourisme Canada en deux : 50% à Vickers and Benson et 50 % à BCP, ce qui a été fait. Dans un communiqué, l'agence BCP a nié mercredi les déclarations de Charles Guité devant la commission. BCP ajoute que la version de M. Guité est fausse, non crédible et est même contredite par les documents déposés en preuve devant la commission Gomery.
Yves Gougoux doit comparaître bientôt devant la commission. Le nom de l'ancien ministre de l'Industrie John Manley apparaît aussi dans le témoignage de M. Guité. Ce dernier indique que le bureau de M. Manley a participé aux discussions sur l'attribution du contrat de Tourisme Canada. M. Manley a lui aussi émis un communiqué pour faire remarquer que c'est son bureau qui est mentionné et non lui personnellement. Il explique que dans ce genre de dossier, il avait pour habitude de s'en remettre à son sous-ministre, Harry Swain, et que c'est ce qu'il avait fait à cette occasion. Contradiction
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En novembre dernier, devant le même juge, Chuck Guité a affirmé qu'il n'avait été témoin d'aucune interférence politique dans le choix des agences. Il dit maintenant qu'il voulait protéger ses maîtres politiques. Chuck Guité répète que le choix des quatre agences qui ont géré les commandites a été fait après discussion avec le bureau du premier ministre et du ministre Alfonso Gagliano.
Il précise toutefois qu'il ignorait que des entreprises avaient redonné de l'argent au Parti libéral, comme l'a déclaré Jean Brault devant la commission. Charles Guité affirme aussi qu'il ne recevait pas d'ordres de Jacques Corriveau, organisateur libéral et ami de la famille Chrétien, mais qu'il savait que ce dernier était proche du pouvoir. M. Guité reconnaît tout de même qu'il était responsable de la facturation, du suivi et des relations quotidiennes avec les agences, et qu'à ce titre, il était bel et bien le patron des commandites, un programme « à la gestion très relâchée (loose) », selon ses termes. Il reconnaît enfin avoir empoché, après avoir pris sa retraite, plus de un million de dollars de contrats provenant des firmes de communication à qui il a donné de gros contrats pendant cinq ans. Procès reporté
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Le juge Gomery, qui préside la commission d'enquête sur le programme de commandites, a levé mercredi la quasi-totalité de l'interdit qu'il avait imposé sur le témoignage de Charles Guité. Le juge James Brunton, de la Cour supérieure, a quant à lui émis sa propre ordonnance de non-publication, qu'il a levée peu avant 16 heures mercredi. Le juge Brunton a aussi accepté de reporter à une date encore indéterminée l'ouverture du procès de Charles Guité et Jean Brault.
Les avocats impliqués se rencontreront le 16 mai pour s'entendre sur une date pour le procès, qui devait débuter le 6 juin. Les deux hommes font face à plusieurs accusations de fraude et complot pour fraude d'une valeur de près de deux millions de dollars, relativement au programme de commandites.
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