 Jean Chrétien contre-attaqueBlâmé par le juge John Gomery, l'ancien premier ministre du Canada soutient qu'il y a plusieurs erreurs dans son rapport, dont il demandera la révision judiciaire. L'ancien premier ministre Jean Chrétien s'apprête à contester le rapport du juge John Gomery en Cour fédérale.
Accompagné de son avocat, David Scott, M. Chrétien a annoncé que, d'ici 30 jours, il s'adressera au tribunal pour faire réviser le contenu du rapport. Me Scott a précisé que le réexamen demandé s'appuyait sur plusieurs motifs. Il en a cité deux: le préjugé manifesté selon lui assez tôt par le juge Gomery à l'endroit de l'ancien premier ministre, etle fait que certaines conclusions fondamentales du rapport ne s'appuient pas sur la preuve recueillie.Des erreurs
 . | | Jean Chrétien en compagnie de son avocat, David Scott . |
M. Chrétien conclut que le juge Gomery a commis plusieurs erreurs dans son rapport. Il s'étonne en particulier du fait que le juge ait accordé plus de crédibilité au témoignage de l'ancien directeur du programme de commandites Charles Guité qu'à celui de son ancien chef de cabinet Jean Pelletier. Il ajoute qu'il est faux de conclure que le programme de commandites était géré au bureau du premier ministre. « Ce n'est pas vrai », affirme-t-il.
L'ancien premier ministre a répété qu'à son avis, le programme de commandites était un bon programme, qui a donné de bons résultats. Pour lui, des gens sans scrupules ont profité d'une crise nationale pour s'enrichir indûment. M. Chrétien dit regretter tous les méfaits qui se sont produits dans le cadre du programme, et il s'en est excusé, tout en répétant qu'il en assumait la responsabilité. On sait que le rapport Gomery conclut que M. Chrétien ignorait les malversations, mais qu'il mérite d'être blâmé pour avoir omis d'exercer la supervision requise. Ce que savait Paul Martin Interrogé sur ce que le premier ministre actuel savait du programme de commandites, M. Chrétien a répondu que M. Martin, à l'époque ministre des Finances et vice-président du Conseil du Trésor, en savait autant que lui-même et que tous les autres ministres du Cabinet. Il a répété que le programme de commandites disposait de 50 millions de dollars par année, votés dans le budget de M. Martin. Le Conseil du Trésor avait reçu ordre de faire toutes les vérifications nécessaires et jamais M. Chrétien n'a reçu quelque information faisant état de difficultés. Expulsions Commentant par ailleurs l'expulsion à vie de 10 membres du PLC, l'ancien premier ministre a dit que s'il avait su qu'il disposait d'un tel pouvoir en tant que chef de parti, il l'aurait utilisé pour bannir à perpétuité le ministre des Transports Jean Lapierre, lorsque celui-ci est passé du Parti libéral au Bloc québécois. M. Chrétien a reconnu que des organisateurs libéraux avaient fait une erreur en acceptant de l'argent du programme de commandites et que le parti avait raison de rembourser les sommes reçues, comme l'a ordonné le premier ministre Martin. Enfin, l'ancien premier ministre a dit qu'il se sentait toujours un libéral. « J'ai fait de mon mieux, pas toujours content, mais en politique on n'est pas toujours content de tout », a-t-il conclu.
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