Mise à jour le mardi 1 novembre 2005 à 22 h 09

Paul Martin annonce des mesures

Le premier ministre donne instruction au PLC de rembourser 1,14 million de l'argent reçu illégalement et ordonne l'expulsion à vie de 10 membres du parti, dont Alfonso Gagliano et Jacques Corriveau.

À peine une demi-heure après le dépôt du rapport du juge John Gomery, le premier ministre Paul Martin a annoncé quatre mesures destinées à réduire l'impact des conclusions du rapport.

En point de presse, le premier ministre a déclaré qu'il faisait siennes les conclusions et les recommandations du juge Gomery.

Il a déclaré avoir donné instruction au Parti libéral de retourner 1,14 million de dollars au Trésor public, à titre de remboursement des sommes reçues dans le cadre du programme de commandites.

On sait que le parti a déjà placé une somme de 750 000 $ en fidéicommis à cet effet.


Extrait vidéo
La déclaration du premier ministre Paul Martin, suivie d'un point de presse

Deuxièmement, le premier ministre demande au PLC d'exclure à vie 10 personnes nommées dans le rapport et qui ont été impliquées dans le financement du Parti libéral.

À la demande des journalistes, le ministre Jean Lapierre a révélé les noms des exclus: Jacques Corriveau, Marc-Yvan Côté, Michel Béliveau, Benoît Corbeil, Joe Morselli, Alfonso Gagliano, Alain Renaud, Tony Mignacca, Serge Gosselin et Beryl Wajsman.


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Alfonso Gagliano
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En entrevue au Réseau de l'information, Alfonso Gagliano a déclaré que l'ordre d'expulsion ne le touchait pas, puisqu'il n'est pas membre du PLC. Il a ajouté qu'il ne voulait pas être membre du parti tant que Paul Martin en sera le chef.

L'ancien ministre des Travaux publics a ajouté que son expulsion était une décision de M. Martin mais qu'un autre chef pourrait la renverser.

Estimant que sa réputation a été ternie, il envisage d'attaquer le rapport devant les tribunaux. Il laisse aussi entendre qu'il pourrait se présenter comme candidat indépendant dans son ancienne circonscription de Saint-Léonard, pour demander à ses anciens commettants de lui donner leur appui.


Extrait vidéo
L'ancien ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, réagit à la publication du rapport Gomery.

Le Parti libéral du Canada (PLC) entend aussi se donner un code de déontologie pour régir son fonctionnement, entre autres sur le plan financier.

Le premier ministre demande aussi aux dirigeants de sociétés d'État de prendre des sanctions contre les membres de leur personnel qui auraient été impliqués.

Enfin, M. Martin demande au procureur général d'ajouter 12 noms à la liste des personnes poursuivies pour malversations dans le cadre du rapport.

Les nouveaux noms sur la liste sont ceux de Jacques Corriveau et de sa société Pluridesign, Eric Lafleur (le fils de Jean Lafleur) et sa compagnie Publicité Dezert, Andrée Côté Gosselin (l'épouse de Gilles André Gosselin) et sa compagnie d'objets promotionnels, Benoît Renaud (le frère d'Alain Renaud) et sa compagnie Art Tellier ainsi que quatre compagnies reliées à Everest.

Le montant des poursuites civiles intentées passera de 44 à 57 millions de dollars.

Finalement, le gouvernement remettra le rapport à la GRC afin de l'aider dans son enquête criminelle en cours.

Le premier ministre a répété qu'il déclencherait des élections générales dans les 30 jours suivant la publication du deuxième rapport Gomery, attendu le 1er février.


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Jean Lapierre
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Immédiatement après la publication du rapport, le ministre des Transports Jean Lapierre a indiqué lui aussi que le gouvernement acceptait toutes les conclusions du rapport Gomery, en faisant remarquer qu'aucun ministre de l'équipe Martin n'était blâmé.

Pour sa part, le ministre des Travaux publics, Scott Brison, a promis pour sa part de mettre fin aux pratiques « totalement inacceptables » décrites par le juge Gomery.


Extrait audio
Une entrevue de Michel Désautels avec le ministre Jean Lapierre

M. Brison a aussi voulu minimiser la gravité de ces pratiques en soutenant qu'elles avaient eu cours « pendant des décennies sous plusieurs gouvernements ».

L'avocat de Pelletier est déçu


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Guy Pratte
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L'avocat de Jean Pelletier, Guy Pratte, se dit lui aussi déçu du rapport, estimant qu'il n'y a pas de preuves contre son client dans le rapport.

Déception aussi de voir que le juge, dans son rapport, croit l'ancien directeur du programme de commandites Charles Guité sur certaines choses, alors qu'il estime que ce dernier est le témoin le moins crédible qu'il ait entendu.


Extrait audio
Pierre Maisonneuve s'entretient avec Guy Pratte, avocat de Jean Pelletier

Il exprime aussi sa déception de constater que le commissaire reproche à M. Pelletier de n'avoir pas exercé une surveillance sur le programme, alors que tous les témoins experts du programme ont dit que l'ancien chef de cabinet de Jean Chrétien était en droit de se fier aux quatre mécanismes de contrôle qui existaient.

Le PQ rembourse


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Louise Harel, chef intérimaire du PQ
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Autre réaction, à Québec celle-là: le Parti québécois a annoncé qu'il retournait 21 000 $ au directeur général des élections du Québec (DGEQ).

Dans son rapport, le juge Gomery fait état d'une somme de 21 000 $ versés au PQ par des employés de Groupaction, une des agences de publicité impliquées dans l'affaire des commandites.


Extrait vidéo
Josée Thibault fait le point sur les contrecoups du rapport Gomery à Québec

À l'Assemblée nationale, Mme Harel a interrogé le premier ministre Jean Charest sur le montant de 50 000 $ qui aurait été versé au Parti libéral du Québec par l'ancien président de Groupaction Jean Brault, par l'intermédiaire de Groype Everest.

M. Charest a répété que les vérifications effectuées par son parti n'avaient permis de retrouver aucune trace de ce montant.

À Toronto, le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a réitéré sa confiance au premier ministre Paul Martin, se disant persuadé qu'il saurait prendre toutes les mesures nécessaires pour corriger la situation.

Au Nouveau-Brunswick, le premier ministre Bernard Lord a déclaré qu'il y avait un sérieux problème au sein du PLC. Il a ajouté que le gouvernement fédéral avait une tâche énorme devant lui pour redonner confiance aux Canadiens. Il croit qu'au bout du compte, ce sont les Canadiens qui trancheront, lors des prochaines élections.



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