 En attendant GomeryÀ quelques heures du dépôt du rapport, le Globe and Mail affirme que Jean Chrétien sera blâmé pour le scandale des commandites. Selon La Presse, les libéraux feraient un chèque de 1 million pour rembourser « l'argent sale ». Le premier rapport du juge John Gomery sur le scandale des commandites sera dévoilé à 10 h ce matin. Mais déjà, des informations circulent à propos du contenu du document de près de 1400 pages, réparties en trois volumes. Selon le Globe and Mail, l'ancien premier ministre Jean Chrétien sera considéré comme le principal responsable du scandale dans le rapport. L'ancien haut fonctionnaire responsable des commandites, Charles Guité, l'ex-ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, l'ex-organisateur libéral Jacques Corriveau, et l'ancien chef de cabinet de M. Chrétien, Jean Pelletier, seraient aussi montrés du doigt.
 . | | Jean Chrétien, lors de son témoignage devant la commission Gomery . |
Toutefois, selon le quotidien, le premier ministre Paul Martin n'en sortira pas très écorché. Le réseau CTV ajoute que le rapport ne reprochera qu'une chose à M. Martin: ne pas avoir posé suffisamment de questions sur le fonctionnement du programme des commandites lorsqu'il était ministre des Finances. Selon Le Devoir, le Parti libéral du Canada (PLC) a reçu un avis de blâme du juge Gomery. En vertu de la loi, le commissaire devait aviser d'avance toutes les personnes ou organisations risquant d'être incriminées pour qu'elles puissent préparer leur défense.
 . | | Jacques Corriveau . |
Des lettres de préavis en ce sens ont été expédiées cet été. Toutefois, le commissaire peut avoir changé ses conclusions. Selon le quotidien, le rapport pourrait aussi cibler Jacques Corriveau comme responsable du « système de ristournes » qui profitait au PLC. De son côté, le quotidien La Presse affirme que le PLC a déjà préparé un chèque de près de 1 million de dollars pour rembourser « l'argent sale » obtenu grâce au programme des commandites. CTV fixe plutôt ce montant à 550 000 $. Au printemps dernier, le PLC avait placé 750 000 $ dans un compte en fiducie en attendant le rapport. Enfin, à l'instar de CTV, La Presse soutient que les libéraux fédéraux annonceront l'adoption d'un nouveau code de conduite dans la foulée du rapport. Ce code s'appliquerait à la fois aux dirigeants, aux organisateurs et aux bénévoles de la formation. Martin reçoit le rapport
Lundi soir, le juge Gomery a remis son rapport d'enquête à Paul Martin. Dès la réception du document, le premier ministre a réuni ses plus proches conseillers pour préparer une stratégie de réponse. Les partis d'opposition ont dénoncé le fait qu'ils n'aient pas accès au rapport en même temps que M. Martin, en vain. Le premier ministre s'est appuyé sur les précédents en la matière pour souligner que « les gouvernements reçoivent toujours un rapport en premier, parce qu'ils doivent agir ». Le plus grand scandale politique de l'histoire canadienne Plus de 330 millions de dollars ont été dépensés dans le programme de commandites, mis en place à la suite du référendum sur la souveraineté du Québec, en 1995. Des agences de publicité auraient profité de la manne pour gonfler leurs factures, tout en contribuant au PLC pour s'assurer l'obtention des lucratifs contrats. Parallèlement à l'enquête du juge Gomery, la Couronne a porté des accusations de fraude contre trois acteurs du scandale - Paul Coffin, Jean Brault et Charles Guité. Elle a aussi entamé des poursuites au civil pour récupérer une quarantaine de millions de dollars versés en trop aux agences de publicité qui ont profité du programme fédéral. Le rapport Gomery doit démasquer les responsables de ce qui est considéré comme le plus grand scandale politique au pays. Tout au long de la journée, la radio et la télévision de Radio-Canada proposeront des émissions spéciales sur le rapport Gomery.
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