La commission Charbonneau

Diverses histoires de prête-noms à la commission

Le compte rendu d'Isabelle Richer

La commission Charbonneau a fait entendre ce matin quatre témoins qui ont admis avoir servi de prête-noms pour faire des contributions politiques à Union Montréal. 

L'enquêteur de la commission André Noël est venu expliquer, peu avant, que la commission avait identifié huit personnes qui ont avoué avoir été remboursées d'une manière ou d'une autre, ce qui est illégal. Six d'entre elles sont liées à des compagnies de construction, des firmes d'ingénieurs ou de promotion immobilière, a précisé André Noël. Ce sont quatre d'entre elles qui ont été entendues, chacune brièvement.

Le premier témoin, Domenic Dentico, directeur informatique pour Louisbourg Construction (Tony Accurso), a affirmé avoir servi de prête-nom à la demande de son supérieur Charles Caruana, vice-président aux finances. M. Dentico a versé 15 500 $ au PLQ et 2500 $ à l'ADQ entre 2002 et 2009. Il a été remboursé par l'entreprise à même son compte de dépenses.

De 2001 à 2009, il a aussi versé aussi 5000 $ à Union Montréal et sera cette fois encore remboursé. Il soutient qu'il ne savait pas qu'il s'agissait d'une pratique illégale, sinon il aurait refusé.

Le second témoin, Luce Beaudry, commis pour la firme de génie-conseil Leroux, Beaudoin, Hurens, a pour sa part donné 2000 $ à Union Montréal à la demande de sa supérieure Lorraine Gingras (1000 $ en 2005, 1000 $ en 2008). Elle a été remboursée en argent comptant.

Stéphanie-Anne Garon a fait pour sa part un don de 1000 $ à Union Montréal, en 2009, à la demande de son employeur de l'époque, Christian Yaccarini, PDG de de la Société de développement Angus. Cette troisième témoin occupait alors les fonctions de directrice au développement. Elle a été remboursée à même son compte de dépenses.

Enfin, le quatrième témoin, Richard Dion, a admis avoir servi de prête-nom, une fois, à la demande de l'adjointe de son employeur, l'entrepreneur en construction Pierre Pomerleau. Il a ainsi fait un chèque de 1000 $, en 2005, à Union Montréal, qui lui a été remboursé par l'entreprise.

Tous ont convenu qu'ils n'auraient jamais donné à un parti politique de leur propre chef, si ce n'avait été des sollicitations de leurs supérieurs.

L'ex-journaliste de La Presse devenu enquêteur, André Noël, avait expliqué peu avant à la commission la méthode par laquelle il avait trouvé ces prête-noms. Deux équipes d'enquêteurs ont d'abord identifié 1371 contributions de 1000 $ faites à Union Montréal lors des deux dernières années électorales, soit en 2005 et en 2009.

La commission a ensuite identifié une centaine d'adresses dans des secteurs moins riches de la Ville, grâce à Google Street View, afin d'identifier des résidences où il était moins plausible que des donateurs aient fait des dons de 1000 $. La recherche a ensuite été circoncrite à 32 adresses, et finalement les enquêteurs ont rencontré des personnes à16 de ces adresses. Huit prête-noms ont finalement été identifiés.

Un texte de Bernard Leduc et François Messier

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