La commission Charbonneau

Des rapports aux chiffres effarants à la commission Charbonneau

Guy Desrosiers expert comptable à la commission Charbonneau Guy Desrosiers expert comptable à la commission Charbonneau

L'analyste enquêteur de la commission Charbonneau, Guy Desrosiers, a fini de passer en revue lundi une série de rapports portant sur la gestion des travaux de construction à la Ville de Montréal. L'un des rapports, effectué en 2009 au nom d'un groupe d'ingénieurs externes, conclut notamment que les travaux d'égouts à Montréal pouvaient coûter 85 % plus cher qu'ailleurs.

Un autre rapport rédigé en 2006 par le vérificateur interne soulignait pour sa part que deux entreprises, DJL et Sintra, pratiquaient l'intégration verticale de manière à contrôler toute la chaîne de production. Elle pratiquait aussi l'intégration horizontale, soit croître en faisant des acquisitions de concurrents.

Au terme de son exercice, Guy Desrosiers a identifié trois grands axes d'intervention soulevés par ces rapports, dans le but de réduire les coûts et d'accroître les contrôles pour les travaux publics à la Ville de Montréal :

1. Le manque de rigueur dans l'estimation des coûts;

2. Le processus d'appel d'offres à revoir;

3. Il y a des faiblesses dans le suivi des projets.

L'expert Guy Desrosiers a parlé de conclusions modifiées dans des rapports. Les mots utilisés ont été changés à la demande du client, soit la Ville de Montréal, parce que ces rapports allaient circuler.

M. Desrosiers a analysé notamment le rapport intitulé « Appels d'offres, attribution et gestion des contrats de voirie, d'aqueduc et d'égout de la Ville de Montréal », effectué par le vérificateur de la Ville en 2006.

Le marché de Montréal était dominé par quatre entreprises ayant récolté plus de 56 % des contrats octroyés en 2005.

Simard-Beaudry et Louisbourg ont récolté en 2005 18,5 % des soumissions, Infrabec 16,3 %, CSF et Mirabeau ont récolté pour leur part 14,7 %. Sintra et Pavages Moto ont obtenu 6,5 % de la valeur des contrats octroyés.

Simard-Beaudry et Louisbourg avaient Tony Accurso comme actionnaire. Deux personnes, Domenico Miceli et Domenico Cammalleri, avaient des actions dans Pavages CSF et Mirableau. Sintra était actionnaire de Moto, précise Desrosiers.

Il a aussi passé en revue un autre document intitulé « L'analyse de l'offre pour les contrats de travaux donnés par la Ville de Montréal », rédigé la même année.

Ce témoignage a précédé celui de l'ancien directeur de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal Robert Marcil. Cet ancien haut fonctionnaire a rencontré les enquêteurs de la commission l'automne dernier, mais il a toutefois refusé de rencontrer les procureurs.

Avec les informations de François Messier et Isabelle Richer

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