Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Sommet sur l'enseignement : les opposants se mobilisent

Le reportage de Martine Biron

La Base, une coalition d'une quarantaine d'organismes de différents horizons, a fait part de son intention de manifester lundi à l'ouverture du Sommet sur l'enseignement supérieur.

Selon le mouvement d'opposition, il est impossible de régler les grands enjeux de l'éducation supérieure le temps d'une rencontre de deux jours. En ce sens, le Sommet est inutile et ne sert que les intérêts du gouvernement, selon les représentants.

Les Profs contre la hausse, un regroupement de professeurs membres de la coalition, estiment que le gouvernement, en préconisant l'indexation des droits de scolarité, a déjà oublié les revendications du mouvement étudiant du printemps 2012. Le gouvernement tient ce sommet dans la seule optique de clore le débat et de faire taire la parole citoyenne, disent-ils.

La Base accuse également le gouvernement de jouer sur les mots pour servir ses politiques qui ressemblent, au final, à celles de l'ancien gouvernement libéral, juge le mouvement. « L'année dernière, une grève devenait un boycott des cours et cette année, une indexation devient un gel », dénonce le communiqué émis par le regroupement.

Les opposants au Sommet ont ainsi annoncé dimanche la tenue d'un « moulin à parole » aux abords de L'Arsenal. Le centre d'arts situé dans le quartier Griffintown, à Montréal, doit accueillir les participants au Sommet lundi et mardi.

Le moulin à parole du mouvement d'opposition se veut un lieu de discussion pour les citoyens qui auront envie de prendre la parole en marge du Sommet.

« Les élites dirigeantes ne pourront pas tenter de faire croire que la société civile - sauf exception - a contribué à la mise en place de prétendus consensus qui ne sont rien d'autre que des réformes structurelles, impopulaires et néolibérales. » — Diane Lamoureux, une porte-parole des Profs contre la hausse
La sécurité est renforcée autour de L'Arsenal à la veille du Sommet sur l'enseignement supérieur. La sécurité est renforcée autour de L'Arsenal à la veille du Sommet sur l'enseignement supérieur.

Le SPVM renforce la sécurité

À la veille du Sommet, la question de la sécurité est prise très au sérieux. Le gouvernement a même interdit aux journalistes de filmer les préparatifs au cours de la fin de semaine. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne veut courir aucun risque et a annoncé qu'un périmètre de sécurité sera érigé autour de L'Arsenal.

« Je veux simplement lancer un message à l'ensemble de la population pour dire que tout a été fait pour sécuriser les résidents et les manifestants », indique le chef du poste de quartier 15 du SPVM, Éric Lalonde.

« Tout doit être passé au peigne fin pour s'assurer que la sécurité des participants soit assurée », explique l'ex-inspecteur de la Sûreté du Québec et spécialiste en affaires policières, Michel Martin.

Selon lui, l'endroit serait bien choisi en ce qui a trait à la sécurité. « Pour l'île de Montréal, comparativement au centre-ville, l'endroit est bien choisi. Il n'y a pas d'accès souterrain, c'est près du canal Lachine », affirme-t-il.

La FEUQ et l'aile jeunesse du PQ s'unissent

Par ailleurs, l'aile jeunesse du Parti québécois et la Fédération étudiante universitaire du Québec, la FEUQ, se sont entendues pour discuter au Sommet de l'endettement et des conditions de vie des étudiants. Ces sujets sont ceux auxquels le gouvernement doit s'attaquer en priorité, disent-ils.

« On souhaite qu'autour de la table du Sommet, on ne parle pas seulement des frais de scolarité, mais qu'on parle aussi du quotidien de l'étudiant, de la réduction de sa facture », explique Frédéric St-Jean, président du Comité national des jeunes du Parti québécois.

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