Manifestation en appui aux sages-femmes à Montréal

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Entrevue avec Claudia Faille, présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec

Les négociations piétinent entre le gouvernement du Québec et les sages-femmes, dont le contrat de travail est échu depuis 2005.

Celles-ci ont organisé une manifestation, dimanche après-midi, devant l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, dans le but d'accélérer les pourparlers amorcés à l'automne 2011. Quelque 200 personnes y ont participé.

Le Regroupement des sages-femmes du Québec exige notamment la majoration du salaire versé pour les heures de garde de ses membres. Le syndicat affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) fait valoir que le taux horaire de 1 $, en vigueur depuis 2004, devrait être le même que celui des infirmières, qui gagnent l'équivalent d'une heure de salaire pour chaque quart de garde de huit heures.

Une sage-femme qui exerce à temps complet est de garde 10 jours sur 14, explique la présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec, Claudia Faille. « C'est beaucoup de temps de garde, je l'admets, mais c'est le coeur de notre modèle de pratique. Ça fait en sorte qu'il y a moins d'admissions aux urgences, il y a moins d'hospitalisation », plaide-t-elle.

Les sages-femmes demandent aussi de pouvoir toucher des primes pour les horaires atypiques avec lesquels elles doivent souvent composer.

« Ce que l'on demande, c'est que l'on puisse recevoir la même reconnaissance de notre garde que les autres professionnels. » — Claudia Faille, présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec

Le syndicat fait valoir que le travail des sages-femmes rencontre l'objectif triple du système santé, soit augmenter la satisfaction vis-à-vis des soins reçus, améliorer la santé de la population et réduire les coûts par personne.

Sa présidente sous-entend que ses membres sont victimes de discrimination sexuelle.

« Si c'était un groupe exclusivement masculin qui faisait notre travail, je ne crois pas qu'on serait où on en est aujourd'hui », a-t-elle affirmé en entrevue à RDI.

Cette impasse survient moins d'une semaine après que la ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon, ait annoncé que les familles de Lanaudière pourront bientôt bénéficier de services de sages-femmes.

Moins de 3 % des femmes au Québec ont recours à des sages-femmes pour leur accouchement, mais selon un sondage CROP réalisé en 2010 pour le compte de la CSN, 26 % des femmes souhaiteraient donner naissance à l'extérieur d'un hôpital.

Québec solidaire a exprimé sa solidarité avec les sages-femmes qui manifestent dimanche.

« Les sages-femmes ont raison de demander au ministre [de la Santé] Réjean Hébert de les reconnaître financièrement à leur juste valeur comme les autres professionnelles du réseau de la santé », affirme dans un communiqué Amir Khadir, député de Mercier. M. Khadir dit espérer que « le ministre actuel, sensible aux besoins de la population, agisse avec plus de détermination que le précédent gouvernement. »

Québec solidaire demande aussi à ce que la formation des sages-femmes soit mieux soutenue par le gouvernement.

Le Regroupement des sages-femmes du Québec représente environ 160 membres, dont une vingtaine d'étudiantes de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

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