Éducation : l'indexation plus rentable que le carré rouge?

Tentative de consensus

Le gouvernement de Pauline Marois maintient le cap sur l'indexation des droits de scolarité, à cinq jours du Sommet sur l'enseignement supérieur, pour des raisons de stratégie politique. Le gouvernement Marois estime, sondages à l'appui, que l'indexation est plus rentable électoralement que le gel ou la gratuité scolaire.

C'est ce que soutiennent plusieurs personnes ayant participé à des discussions privées avec le gouvernement, en prévision du sommet. Le gouvernement du PQ aurait réalisé que son appui au mouvement étudiant lui a coûté plusieurs votes, lors de l'élection du 4 septembre, et l'aurait même privé d'une majorité.

Le gouvernement semble parier sur le fait que l'indexation est appuyée par une large majorité de la population, mais il éprouve toutefois des difficultés à imposer cette solution aux associations étudiantes et aux syndicats, qui forment un bloc important au sommet.

Ainsi, le gouvernement devrait proposer trois ou quatre scénarios différents d'application de l'indexation dans le but de dégager un consensus autour de la question, mais les espoirs de l'obtenir demeurent plutôt minces.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, répète qu'il espère en venir à un consensus sur les droits de scolarité dès la tenue du sommet. Il refuse toutefois de confirmer les pressions qui s'exercent sur les partenaires, mais il ne les réfute pas non plus. « On parle à beaucoup de gens pour s'assurer que ce sommet puisse se tenir dans les conditions idéales, a déclaré M. Duchesne. Pour ce qui est des discussions qui se tiennent tous les partenaires, ça reste entre le gouvernement et les partenaires. »

Une trentaine de groupes - notamment les associations d'étudiants, des syndicats et des gens d'affaires qui ont pris part aux quatre rencontres préparatoires - participeront au sommet. D'autres organismes sociaux comme la Fédération des femmes du Québec et des organismes jeunesse seront également de la partie. Les partis de l'opposition auront également le loisir de s'exprimer au cours du sommet.

Au total, le gouvernement inclus, il y aura 35 groupes représentés au sommet. Ils disposeront d'une journée et demie pour s'entendre sur la redéfinition de l'enseignement supérieur au Québec. Les groupes devraient recevoir jeudi des documents de travail pour participer au sommet.

D'après des informations de Michel Labrecque