SNC-Lavalin : un dirigeant congédié affirme avoir servi de bouc émissaire

SNC-Lavalin

Un ancien haut dirigeant de SNC-Lavalin congédié l'année dernière poursuit la firme d'ingénierie montréalaise. Il réclame un montant de 930 000 $, dont 100 000 $ en dommages moraux et atteinte à la réputation.

Stéphane Roy était vice-président contrôleur de la division construction de SNC-Lavalin lorsqu'il a été congédié, en janvier 2012. On lui reprochait d'avoir manqué à l'éthique, entre autres en raison de révélations troublantes concernant des liens qu'entretenait l'entreprise avec le régime de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Son supérieur, Riadh Ben Aïssa, avait alors quitté l'entreprise. Il est présentement détenu en Suisse en raison de soupçons de corruption, d'escroquerie et de blanchiment d'argent.

Selon un rapport de la Gendarmerie royale du Canada, SNC-Lavalin a versé des dizaines de millions de dollars au régime de Kadhafi afin d'obtenir des contrats en Libye. Stéphane Roy a aussi été montré du doigt pour avoir participé à l'opération visant à faire entrer illégalement au Mexique le fils du dictateur déchu, Saadi Kadhafi.

Dans sa requête deposée en Cour supérieure, Stéphane Roy affirme avoir toujours livré de loyaux services à l'entreprise, ce qui lui aurait valu deux promotions depuis son embauche, en 1997. M. Roy ajoute que les liens entre le régime de Kadhafi et SNC-Lavalin existaient bien avant son arrivée dans l'entreprise et que tous les moyens étaient pris pour obtenir les contrats convoités, en Libye ou ailleurs.

« La défenderesse avait créé une culture corporative où sa pratique courante était de faire tout le nécessaire, incluant le paiement de « commissions » et autres bénéfices, pour obtenir des contrats, incluant en Libye. » — Requête déposée en Cour supérieure

S'il s'est trouvé mêlé à de tels stratagèmes, c'est parce que l'entreprise le lui demandait, estime M. Roy. Il croit donc que la haute direction de SNC-Lavalin a fait de lui le bouc émissaire d'une situation sur laquelle il n'avait pas le contrôle.

Il réclame dont un total de 930 000 $ en compensation salariale, en dommages moraux et en frais d'avocats. Il demande aussi à son ancien employeur de lui remettre les actions auxquelles il soutient avoir droit en vertu du Régime d'actionnariat des dirigeants du Groupe SNC-Lavalin inc, ou l'équivalent en argent. Il estime leur valeur à plus de 207 000 $.

Avec la collaboration d'Isabelle Richer

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