Environ 300 garderies privées fermées

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le reportage de Normand Grondin

Des milliers de petits Québécois ont eu congé mardi, puisque 300 des 700 garderies privées non subventionnées du Québec étaient en grève pour la journée.

Leurs propriétaires se plaignent de ne pas être pris en compte dans l'appel d'offres du gouvernement Marois, qui vise à créer 15 000 nouvelles places à 7 $ dans la province.

La Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec demande au gouvernement de subventionner les places existantes plutôt que d'en créer de nouvelles. Ses représentants estiment que cela entraînerait une économie de 260 millions par année. De plus, soutiennent-ils, la création de nouvelles places à 7 $ risque de provoquer la fermeture de certains de leurs établissements, puisque les parents quitteront le réseau s'ils obtiennent une place subventionnée.

La Coalition affirme que près du tiers des 30 000 places offertes par le réseau sont vacantes. En outre, le taux d'occupation des garderies qui ont ouvert leurs portes au cours de la dernière année est de 50 %.

Les garderies privées non subventionnées facturent entre 35 $ et 45 $ par jour. Les propriétaires accusent le gouvernement de les acculer à la faillite.

« Faire la conversion de nos places coûterait au contribuable beaucoup moins cher que la construction de nouvelles installations. » — Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec

Ils accusent le gouvernement de privilégier le réseau des Centres de la petite enfance, même si leurs établissements obéissent aux mêmes lois et normes que ces derniers.

Des manifestations ont eu lieu à Montréal, devant les bureaux de la première ministre Pauline Marois, et à Québec, sur la colline parlementaire. La Coalition a déposé à l'Assemblée nationale une pétition signée par 8 072 personnes réclamant que le ministère de la Famille considère les places actuelles dans les garderies privées pour les convertir en places subventionnées.

Le gouvernement ne fléchit pas

Nicole Léger, ministre de la Famille. Nicole Léger, ministre de la Famille.

La ministre de la Famille, Nicole Léger, a réitéré qu'elle n'envisageait pas de permettre aux garderies privées non subventionnées de participer à l'appel d'offres. La ministre Léger a soutenu que les choix d'emplacement faits par les propriétaires de ces garderies, essentiellement sur l'île de Montréal, ne correspondaient pas aux besoins réels identifiés par le gouvernement pour assurer l'expansion du réseau.

Elle s'est quand même montrée disposée à rencontrer prochainement les porte-parole des garderies privées non subventionnées pour discuter du dossier.

Pour sa part, l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ), bien que déçue du fait que Québec n'accorde que 15 % des 15 000 nouvelles places aux garderies privées, se dissocie de la campagne de la Coalition. Elle soutient que le gouvernement a clairement indiqué, dès 2008, qu'il n'inclurait pas les garderies privées dans son appel d'offres.

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