Mobilisation pour garder une famille mexicaine à Saint-Hyacinthe

Le compte rendu d'Anne-Louise Despatie

Des groupes communautaires de la région de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, se mobilisent pour tenter d'empêcher l'expulsion d'une famille mexicaine.

Les quatre membres de la famille Pavon-Aquila sont arrivés au Canada il y a quatre ans. Ils ont déposé à l‘époque une demande d'asile. Or, selon la commission de l'immigration, la famille Pavon-Aguila ne fait pas face à une menace spécifique dans son pays d'origine.

De leur côté, les intervenants plaident que la famille est parfaitement intégrée. Les deux parents ont un emploi et leurs deux filles vont à l'école. Tous parlent français.

La députée du Nouveau Parti démocratique dans la région, Marie-Claude Morin, se porte aussi à leur défense. « Ce sont des gens enracinés dans notre communauté et on voit ici qu'il y a beaucoup de gens qui sont mobilisés. Ce sont des gens qui veulent que cette famille là reste avec nous, parce qu'ils enrichissent notre communauté », dit-elle.

Un niveau de risque général pour les Mexicains, dit Ottawa

Les organismes d'aide aux immigrants réclament une intervention du ministre de l'Immigration, Jason Kenney, pour qu'il annule l'avis de déportation.

Or, pour le gouvernement, les Pavon-Aguila ne représentent qu'une autre famille qui n'a pas su démontrer les risques de persécution auxquels elle pourrait être confrontée au Mexique.

La famille dit qu'elle a quitté son pays d'origine à cause de la violence, de la criminalité et des menaces. Mais le gouvernement évalue que les Pavon-Aquila sont confrontés à un niveau de risque « général » auquel sont exposés bien des Mexicains.

« Le gouvernement dit que les Mexicains sont de faux réfugiés, qu'on n'apporte pas suffisamment de preuves au dossier », critique Erick Arguello, un activiste de l'organisme Mexicains unis pour la régulation.

Mais le gouvernement fédéral se défend d'être plus sévère à l'égard des Mexicains. Il plaide que le Canada a reçu un nombre record de demandes d'asile provenant de Mexicains de 2006 à 2008, avant l'imposition de visas en mai 2009.

La famille Pavon-Aguila a maintenant épuisé tous ses recours. Elle ignore toutefois quand elle doit rentrer au Mexique, l'Agence des services frontaliers n'ayant pas encore fixé la date de déportation.

La semaine dernière, une autre famille mexicaine installée au Québec, la famille Reyes-Mendez, a été expulsée du pays.