Les juifs hassidiques ne géreront plus leur réseau de garderies

Le reportage de Normand Grondin

Le 11 février prochain, le ministère de la Famille et des Aînés fermera le bureau responsable de la gestion et de la surveillance du réseau de garderies familiales hassidiques.

Ces 487 places en garderie à 7 $ demeureront disponibles, mais ne seront plus gérées par des représentants de la communauté juive hassidique.

Le gouvernement libéral de Jean Charest avait permis la mise en place de ce réseau de 122 garderies en 2006. Celui-ci a bénéficié de près de 20 millions de dollars de subventions depuis six ans.

Le directeur régional au bureau de Montréal du ministère, Pierre Gaucher, a expliqué que trois échecs consécutifs à des inspections ont conduit à la conclusion que « le bureau coordonnateur n'a pas la capacité de récupérer la situation ».

Dans ces rapports d'inspection, obtenus grâce à la loi d'accès à l'information, on reproche au bureau coordonnateur des centaines d'infractions administratives, comme des dossiers incomplets, des ententes inexistantes avec les parents ou encore l'absence de projet éducatif et de références sur les responsables.

On y apprend aussi que depuis 2006, le bureau coordonnateur n'a pas fourni d'information au ministère confirmant la présence et la fréquentation des enfants inscrits dans ses 122 garderies, ce qui est pourtant indispensable pour déterminer le montant des subventions accordées.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente quelque 13 000 employés de garderies familiales, estime que cela est incompréhensible. Elle déplore le laxisme du ministère et croit qu'il devrait y avoir une enquête.

« Qu'est-ce qui arrivé avec les subventions? Qu'est ce qu'il y avait comme qualité de services dans ces milieux-là? Je pense que cela peut être éclairant pour la suite des choses et l'attribution de nouvelles places où l'on a dénoncé ces écueils-là », soutient Louise Chabot.

Pour le ministère de la Famille, la page est déjà tournée. « Nous, en ce qui concerne les sommes versées au bureau coordonnateur pour la gestion de son milieu, les responsables, il n'y a aucune malversation, rien qui peut nous amener à penser que les fonds publics ont été mal gérés », conclut Pierre Gaucher.

La surveillance et la gestion de ces anciens services de garde hassidiques seront assurées par deux bureaux coordonnateurs du quartier de Côte-des-Neiges.

Les responsables du réseau juif hassidique n'ont pas répondu aux appels de Radio-Canada.

D'après un reportage de Normand Grondin

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook