Les Canadiens connaissent peu Idle No More

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le reportage de Daniel Thibeault

Les Canadiens en savent peu sur le mouvement Idle No More, malgré les tentatives des chefs autochtones, la chef Theresa Spence en tête, d'attirer leur attention sur leurs revendications.

Un sondage La Presse Canadienne/Harris Decima révèle que 40 % des répondants affirmaient connaître le mouvement et l'appuyer.

Les résidents de la Colombie-Britannique et des provinces de l'Atlantique sont ceux qui sont les plus susceptibles d'être favorables aux revendications, tandis que ceux du Québec sont les moins intéressés.

Méthodologie

Le sondage a été réalisé auprès de 1000 personnes entre le 17 et le 20 janvier dernier. La marge d'erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.

Theresa Spence reconnaissante

Ce sondage survient alors que la chef de la réserve ontarienne d'Attawapiskat, Theresa Spence, a mis un terme jeudi à la grève de la faim qu'elle poursuivait depuis six semaines.

Lors d'une cérémonie en son honneur,Mme Spence a remercié tous ceux qui l'ont soutenue et s'est engagée à signer la déclaration d'engagement déjà signée par les autres chefs autochtones et les chefs de l'opposition.

La chef d'Attawapisakat a été sous observation toute la nuit à l'hôpital, où elle devait suivre un protocole de réalimentation.

Mme Spence jeûnait en compagnie de Raymond Robinson, un aîné de la Nation Cross Lake, au Manitoba, pour réclamer une amélioration des conditions de vie des communautés autochtones au Canada.

Les deux grévistes de la faim qui campaient sur l'île Victoria, à Ottawa, ne se nourrissaient que de bouillon de poisson et de tisane médicinale depuis 44 jours.

Selon le porte-parole Danny Metatawabin, elle se porte bien, mais demeure fatiguée et affaiblie.

Devenus les symboles du mouvement Idle No More pour sensibiliser le gouvernement de Stephen Harper aux conditions de vie des Autochtones, Mme Spence et M. Robinson ont accepté de recommencer à s'alimenter mercredi après avoir rencontré le chef intérimaire du PLC, Bob Rae, et un leader autochtone du nord de l'Ontario, Alvin Fiddler.

Lorsqu'elle a entrepris cette grève de la faim, Theresa Spence avait déclaré qu'elle était prête à mourir pour la cause de son peuple. Mme Spence insistait pour la tenue d'une autre rencontre avec M. Harper et le gouverneur général le 24 janvier, un an après le sommet entre le gouvernement fédéral et les chefs autochtones tenu en 2012.

Lundi dernier, les chefs des Premières Nations du Canada avaient tenté de rencontrer le premier ministre Stephen Harper et le gouverneur général David Johnston dans le but de mettre un terme au jeûne de Theresa Spence. L'exécutif de l'Assemblée des Premières Nations a appuyé la demande. Le porte-parole du premier ministre Harper, Andrew MacDougall, a déja indiqué que le premier ministre aurait une rencontre privée avec le chef de l'APN, Shawn Atleo, lorsque le congé de maladie de celui-ci prendrait fin.

Shawn Atleo veut poursuivre le dialogue

À l'autre bout du pays, à Vancouver, le chef de l'APN, Shawn Atleo, est sorti de sa retraite forcée pour des raisons de maladie afin de reprendre sa lutte. Il a notamment rappelé qu'il était temps de bâtir une nouvelle relation avec le Canada. Le statu quo n'est pas une option, a-t-il déclaré.

De leur côté, les chefs autochtones du Manitoba ont indiqué qu'ils souhaitent rencontrer M. Atleo pour lui demander pourquoi il avait accepté de rencontrer le premier ministre Stephen Harper en l'absence du gouverneur général.

C'était là l'une des revendications de Theresa Spence, supportée par les chefs manitobains.

Ils espèrent rencontrer M. Atleo sous peu afin d'en discuter avec lui, mais ont affirmé qu'il est faux de croire qu'ils sont en désaccord avec l'Assemblée des Premières nations.

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